Le débat sur le projet de révision constitutionnelle en cours au Gabon s’est enrichi d’une nouvelle réaction, le 2 novembre. Le vice-président de la République, Pierre-Claver Maganga Moussavou a vertement recadré ceux qui s’opposent à cette réforme.

Pierre-Claver Maganga Moussavou entouré de René Ndémezo’Obiang et de Faustin Boukoubi lors de la remise des Actes du Dialogue politique à la présidence de la République. © Gabonreview

 

Dans une déclaration faite à la télévision nationale, le 2 novembre, le vice-président de la République, Pierre-Claver Maganga Moussavou, a fait appel à l’intelligence, à la volonté, à la détermination, et au discernement de «tous les démocrates» du pays pour faire avancer la démocratie.

Visiblement, la sortie du président du Parti social démocrate (PSD) vise particulièrement à répondre à certains leaders de l’opposition dont le Sénateur Jean-Christophe Owono Nguéma. Mais aussi et surtout Zacharie Myboto et Jean Eyéghé Ndong, appelant le peuple à faire barrage à l’aboutissement de ce projet.

Celui qui a hérité de la vice-présidence de la République à l’issue du Dialogue politique d’Angondjé appuie sans ambages cette initiative et estime en effet qu’en parlant de «projet de révision constitutionnelle qui consacrerait la monarchisation du Gabon», ses amis de l’opposition «insultent» sa «probité» et sa «détermination qu’ils connaissent bien de faire aboutir un véritable projet démocratique» dans le pays.

S’attaquant vertement à ses anciens compagnons de l’opposition, l’ancien maire de Mouila souligne que le renouvellement, sans limite, du mandat présidentiel n’est pas le fait du Dialogue politique de Libreville, mais est lié à des «turpitudes de ceux qui se reconnaîtront et qui ont proposé et soutenu de revenir sur les décisions de la Conférence nationale».

Face à ceux qui préconisant un référendum sur cette question, Maganga Moussavou indique que «les mêmes causes produisent les mêmes effets». «Si on n’a pas foi en notre capacité de changer par le vote le cours de nos vies et ainsi de tenir compte du choix d’un peuple libre à même de limiter le mandat du président de la République, comment peut-on en même temps, préconiser que par le biais d’un référendum, ce même peuple se fasse entendre et exprime un oui ou un non franc par son vote ?», s’est –il interrogé.

Avec cette sortie du vice-président de la République, le débat sur le projet de révision constitutionnelle est relancé. Même s’il semble vouloir fédérer les intelligences pour tracer la voie vers une démocratie apaisée au Gabon, sa déclaration va certainement être appréciée, dans les prochains jours, par les acteurs politiques, particulièrement ceux de l’opposition.