Au moment où le Parlement est invité à adopter définitivement le projet de révision constitutionnelle issu du dialogue politique d’Angondjé, plusieurs étudiants, responsables d’association et de mouvements citoyens ainsi que des jeunes juristes ont souhaité interroger la nécessité de cette révision à travers une conférence-débat, organisée le 29 décembre 2017 à Libreville.

Des membres du Panel des Inconnus, le 29 décembre 2017 à Libreville. © D.R.

 

La révision de la Constitution actuellement en cours d’adoption au Parlement n’intéresse pas que les politiques. La plateforme citoyenne dénommée «Le Panel des Inconnus» a organisé, le vendredi 29 décembre, au siège de l’ONG Ogooue Labs, une conférence-débat sur le thème : «De la nécessité de révision de la Constitution de la République au-delà du dialogue politique».

Moments d’échanges avec les conférenciers. © D.R.

Cette rencontre, dont l’objectif était de donner la parole aux citoyens face au projet de révision constitutionnelle en cours, a permis aux jeunes leaders, responsables d’associations et d’ONG, étudiants et jeunes cadres de s’exprimer sur le sujet «sans compromis». Au cours de ce rendez-vous citoyen, trois communications ont été faites,  respectivement par Harold Leckat (juriste, fondateur du site Que dit la loi) ; Théophane Nzame-Biyoghe (étudiant en droit, essayiste) et Marcel Warrel Ella Ebane (juriste et enseignant de droit).

Dans sa communication, le premier intervenant est parti de la Constitution de 1991 jusqu’à la version actuelle, en mettant en exergue les différentes modifications qui, de façon générale, constituent selon lui «un certain recul démocratique». Pour Harold Leckat, toutes ces différentes modifications s’éloignent de l’esprit de la loi fondamentale de 1991. Il a d’ailleurs fait constater que «la volonté du peuple n’est pas reprise par les représentants du peuple». De l’avis du conférencier, «l’alternance n’est pas une chose encore acceptée par nos responsables politiques».

S’il a fait le même constat, Théophane Nzame-Biyoghe n’a pas manqué de plaider pour un retour à l’esprit de la Constitution issue de la Conférence nationale. Dans son argumentaire, le conférencier a insisté, entre autres, sur la nécessité de limiter les mandats du président de la République, tout en renforçant l’expression démocratique. Pour lui, la mouture de la Constitution actuelle «renforce dangereusement les pouvoirs du chef de l’Etat (et) constitue une entrave aux principes démocratiques». Celle-ci, a-t-il estimé, est aux antipodes des principes démocratiques et n’est pas de nature à calmer les tensions encore perceptibles dans la société gabonaise.

«Au sortir d’une élection présidentielle controversée, marquée par des violences multiples et diverses, le renforcement du pouvoir du président de la République est-il la meilleure solution pour désamorcer la crise ?» s’est interrogé Théophane Nzame-Biyoghe avant d’interpeler la conscience citoyenne des Gabonais de toutes classes sociales. Le conférencier, étudiant en droit et essayiste, les a invités à s’intéresser davantage aux questions politiques.

A l’issue des échanges, une commission a été mise en place afin de mener un plaidoyer auprès du Parlement.

Le Panel des Inconnus est présenté comme «une plateforme citoyenne, d’impact positif, qui regroupe des jeunes, sans distinction d’appartenance politique, ayant pour ambition de promouvoir la citoyenneté sur toutes ses formes à travers plusieurs activités comme les conférences débats, les œuvres sociales, etc». Son champ d’action va du social au sport, en passant par la politique et la culture.