Morceaux choisis des propos entendus lors des travaux des médiateurs et ombudsmans d’Afrique centrale, du 26 au 27 juillet 2016.

Un moment de la réunion des médiateurs et ombudsmans d’Afrique centrale. © Gabonews

Un moment de la réunion des médiateurs et ombudsmans d’Afrique centrale. © Gabonews

 

Abdoulaye Bathily, chef du Bureau de l’Onu en Afrique centrale. © Gabonreview

Abdoulaye Bathily, chef du Bureau de l’Onu en Afrique centrale. © Gabonreview

Abdoulaye Bathily, Chef du Bureau de l’Onu en Afrique centrale : «On ne connaît réellement la valeur de la paix que lorsqu’on la perd»

 «Je suis très heureux ici de constater la présence de la plateforme religieuse de la République centrafricaine. Elle a joué un rôle très important dans le processus de stabilisation de ce pays. Ayant présidé le forum de Bangui, en mai 2015, j’ai pu mesurer tout le rôle qu’ils on joué dans la stabilisation de la République centrafricaine… Il y a des menaces à la stabilité des pays : les élections sont malheureusement un moment où ces menaces se font précises. Nous le voyons aujourd’hui à travers toute la région d’Afrique centrale. C’est pourquoi, de manière permanente, tous les hommes de bonne volonté s’investissent pour que les acteurs fassent preuve de responsabilité dans ces moments que nous vivons. Responsabilité dans les discours, responsabilité dans les actes, car, on ne connaît réellement la valeur de la paix que lorsqu’on la perd et à ce moment-là, il sera trop tard. Nous avons suffisamment d’exemples aujourd’hui dans cette région pour que nous disions «halte !». Faisons attention à ce que nous disons, à ce que nous faisons, pensons à nos conditions de vie, pensons à nos enfants, à l’avenir de nos concitoyens. Rien ne peut et ne doit justifier certains actes qui portent en eux les germes d’autodestruction. C’est pourquoi je voudrais particulièrement saluer cette initiative… »

Laure Olga GondjoutLaure Olga Gondjout, Médiateur de la République gabonaise : «Si les électeurs sont dans l’angoisse et la peur quelle sera la crédibilité de notre élection ?»

«Mon appel reste d’actualité. Il s’agit d’un appel à l’apaisement. Aujourd’hui, plus que le 7 mai, je demande aux uns et aux autres d’être plus responsables. Il va y avoir des élections dans exactement un mois. Les électeurs que nous appelons aux urnes, ce sont ceux-là qui risquent d’être victimes des actes d’irresponsabilité qui seront posés. Qui ira donc voter ? J’ai dit également lors d’une audience que m’avait accordée le président du Conseil national de la démocratie (CND) que nous avons également un risque d’abstention.  Si le taux d’abstention est très élevé et si en plus les électeurs sont dans l’angoisse et la peur quelle sera la crédibilité de notre élection ? Comme le médiateur s’adresse à tout le monde, aux uns et aux autres, nous demandons plus de discours responsables, patriotiques. Nous voulons entendre des uns et des autres les projets qu’ils ont pour le développement économique et social de notre pays. Le Gabon est en retard au regard de ses potentialités humaines, économiques et sociales. Le Gabon est en retard en termes de développement. Je pense que nous devrions consacrer les ressources qui sont les nôtres pour développer notre pays. Dans la peur, dans l’exclusion ou dans les inégalités, je ne pense pas que nous pouvons rapidement rattraper ce retard. Mon message est encore un message d’appel à la paix, l’apaisement, à la responsabilité, à plus d’amour pour le Gabon. Il faut que les uns et les autres, tous ceux qui tiennent des discours incendiaires, sachent que le Gabon est au-dessus d’eux».

Nicaise MoulombiNicaise Moulombi, président de l’ONG «Croissance Saine» : «La force appelle la force»

«Il est à retenir que l’Afrique centrale est traversée par des processus électoraux et que ces processus doivent amener les acteurs à se parler, à prendre en compte la forces des mots qui sont utilisés. Il est à retenir que la force appelle la force, la réaction appelle la réaction. Ce qui veut dire que ceux qui sont chargés de sécuriser les biens et les personnes doivent le faire selon la loi. En un mot, la gouvernance et le respect constitutionnel doivent être au centre de tout processus. Cela a donc été rappelé et nous avons vu que pour pallier ces problèmes, il faut renforcer le pouvoir  des médiateurs. Nous nous sommes rendu compte qu’au Burundi, le médiateur a joué un rôle extrêmement important. Pour le cas, c’est le cas de le dire, c’est regrettable que l’initiative vienne du Gabon alors que la Médiature n’a même pas de siège et que le texte du médiateur gabonais n’est même pas encore totalement adopté. C’est aussi là un signal. On ne peut pas lancer des idées et laisser des gens en dehors des périmètres qui puissent renforcer cette démocratisation. La Médiature de la république est là donc pour renforcer l’état de droit, pour renforcer la démocratie, mais tout ceci doit se faire dans le respect des droits de l’homme».

Ali Souleyman BacharAli Souleyman Bachar, Médiateur de la République du Tchad : «Le statut du médiateur (ni juge, ni partie) est pensé dans l’esprit d’agir en toute indépendance et impartialité»

«Le médiateur a une mission de contrôle de l’administration publique à laquelle il apporte son assistance en cas de dysfonctionnement. Ce faisant, il participe des institutions qui sont créées pour que l’administration fasse correctement son travail, pour que les droits des citoyens soient préservés et respectés. Le statut du médiateur (ni juge, ni partie) est pensé dans l’esprit d’agir en toute indépendance et impartialité dans l’appréciation des cas qui lui sont soumis afin d’assurer aux citoyens un traitement objectif et équitable de leur grief».