L’ancien candidat de l’opposition à la présidentielle d’août 2016 est revenu de sa tournée européenne, le 25 juillet. Un retour qui ne s’est pas fait sans heurts à Libreville, où des centaines de personnes l’ont accueilli à l’aéroport Léon Mba, malgré la non-autorisation de leur mobilisation par la préfecture de police.

Jean Ping accueilli, le 25 juillet 2017 à Libreville. © D.R.

 

Après deux semaines d’une tournée l’ayant conduit, officiellement, à Paris (France), Berlin (Allemagne), Genève (Suisse) et à Bruxelles (Belgique), Jean Ping était de retour à Libreville, mardi 25 juillet 2017. A l’aéroport international Léon Mba, l’ancien candidat à la présidentielle d’août 2016 était accueilli par des centaines de personnes vêtues pour la plupart de jaune, scandant «Jean Ping président !» Une attitude qui n’a pas semblé plaire aux agents des forces de l’ordre disposés au sein et aux alentours de l’aéroport depuis le début de la matinée. Il faut dire que la mobilisation des partisans de celui qui continue de se présenter comme «le président élu du Gabon» n’avait été autorisée ni par la préfecture de police de Libreville comme prétendu sur les réseaux sociaux des jours avant, ni par le ministère de l’Intérieur qui a indiqué qu’aucune demande de manifestation liée au retour de l’opposant n’a été adressée par les organisateurs aux autorités compétentes.

N’empêche, malgré le démenti du ministère de l’Intérieur, de nombreuses personnes ont tenu à se mobiliser pour accueillir «(leur) président élu», et pour donner la réplique à la mobilisation organisée au retour d’Ali Bongo de Cuba, le 10 juillet dernier. Plusieurs d’entre elles s’étant vues refuser (injustement ?) l’accès à l’aéroport Léon Mba, n’ont pas tardé à s’échauffer. Les forces de l’ordre ont dû recourir à l’usage des bombes lacrymogène pour tenter de disperser la foule aux abords de l’aéroport. Quelques blessés ont été dénombrés, qui ont presqu’aussitôt été pris en charge par des partisans de Jean Ping, notamment pour les premiers soins.

Ne s’étant pas exprimé à sa sortie du salon VIP de l’aéroport, l’ancien président de la Commission de l’Union africaine, accueilli par ses plus proches alliés (Jean Eyeghe Ndong, Alexandre Barro Chambrier), a directement rejoint son QG de campagne sis aux Charbonnages sans trop de difficulté.

S’il continue de réclamer sa victoire à la dernière présidentielle, en initiant sa tournée, Jean Ping espérait persuader la communauté internationale de la nécessité d’ouvrir une médiation entre Ali Bongo et lui, en vue «d’assurer une passation pacifique du pouvoir, en vue de la nécessaire réconciliation nationale». Y est-il parvenu ? Les jours qui viennent devraient pouvoir nous en dire plus.