La Coalition pour la nouvelle république (CNR) a vivement critiqué le communiqué de la police, à la suite du retour à Libreville de Jean Ping. Lors d’un point presse organisé au domicile de celui-ci, l’un de ses porte-paroles a battu en brèche les informations dudit communiqué, publié le jeudi 27 juillet dans les colonnes du quotidien L’Union.

Frederick Massavala lors du point presse à Libreville. © Gabonreview

 

Les opposants acquis à la cause de Jean Ping ont estimé que le contenu du communiqué publié par le ministère de l’Intérieur sur le retour de leur leader à Libreville est erroné. Selon Frederick Massavala, «mardi dernier, 25 Juillet 2017, plusieurs dizaines des milliers de Gabonais ont spontanément déferlé vers l’aéroport de Libreville. Je ne dis pas trois cent personnes (300), comme le prétend le communiqué du ministère de l’Intérieur paru hier dans le quotidien L’Union. J’insiste, il s’agit de plusieurs dizaines des milliers de personnes et nous apprenons même de RFI qu’il y avait environ 47 mille personnes pour accueillir le président Jean Ping».

Dans cette guerre de mobilisation entre Jean Ping et Ali Bongo, l’ancien ministre a placé quelques attaques. «Il n’a pas été nécessaire de les payer, de leur donner un tee-shirt, ni de les transporter. Le président Jean Ping, adulé par son peuple, n’a pas besoin de cela», a-t-il ironisé, dans une allusion à la mobilisation récemment organisée en faveur d’Ali Bongo de retour de Cuba, pour laquelle la presse a fait état de la présence de figurants à l’aéroport moyennant de l’argent, un tee-shirt et un moyen de transport.

«Ceux qui payent les gens pour se faire acclamer à l’aéroport, ne font que confirmer à la face du monde leur imposture. Ils administrent par ailleurs la preuve de leur rejet définitif et sans appel par le peuple gabonais», a-t-il ajouté.

Si le communiqué a prétendu «qu’aucune vie humaine n’a été déplorée encore moins des blessés», Massavala, là aussi, s’est inscrit en faux, rétorquant que «quatorze personnes ont été blessées, la liste et les photos sont disponibles, contrairement aux allégations contenues dans le communiqué du ministère de l’Intérieur», a-t-il souligné, relevant au passage que certains membres de la CNR se sont vus refusé l’accès à l’aérogare de façon discourtoise.

Frederick Massavala s’est toutefois voulu pédagogue, énonçant au passage un des droits consacrés par la Constitution du pays et donnant à chaque Gabonais la liberté d’aller et de venir sur le territoire. Il a souhaité de ce fait que cela soit respecté de tous, et surtout de «nos forces de défenses et de sécurité (qui) ont pour mission noble d’assurer la sécurité des personnes et des biens et de protéger la dignité humaine».

Pour conclure, Massavala a affirmé que la CNR sait que sa victoire est proche. «Elle se prépare, autour de Jean Ping, à prendre les leviers d’un pays complètement abîmé par l’incompétence et le manque de patriotisme des émergents», a-t-il indiqué.

Auteur : Alain Mouanda