Le Gabon mettra en place une commission nationale pluridisciplinaire chargée d’étudier tous les aspects liés à la problématique du rapatriement de ses œuvres culturelles disséminées à travers le monde.

Le ministre de la Culture Alain Claude Bilie-By-Nze à son cabinet, le 8 juin 2018. © Gabonreview

 

Dans le cadre du programme de restitution aux pays d’origine des biens culturels «pillés» durant la colonisation, le ministre de la Culture a annoncé, le 8 juin à Libreville, la création d’une commission nationale chargée du rapatriement des œuvres gabonaises. Pluridisciplinaire, cette structure disposera d’un délai de douze mois pour livrer les résultats et les pistes de résolution rapide des obstacles au retour de ce patrimoine sur leur terre de création.

«Il s’agit d’une question complexe qui fait appelle à la fois aux questions liées à l’histoire, aux questions liées à la mémoire, aux droits national et international, aux questions liées à la protection de la propriété intellectuelle, y compris celle liées aux spécialités de l’art», a indiqué le ministre de la Culture, Alain-Claude Bilie-By-Nze.

Dans son engagement à récupérer ses œuvres culturelles, le Gabon entend adopter une stratégie définie en trois points et axée sur la coopération et le dialogue entre lui et les pays conservant ses biens culturels «parties intégrantes de l’âme gabonaise». Il s’agit de la réhabilitation du musée national et la mise en place d’un plan de formation, le renforcement de la coopération et les échanges avec les organismes publics qui détiennent ces œuvres gabonaises. Et, enfin, l’identification de ces œuvres.

«Nous avons une stratégie qui n’est pas dans la confrontation, notre stratégie est dans une coopération qui a déjà débuté. Nous avons commencé à discuter de cette question depuis longtemps déjà. Il s’agira de discuter, établir des partenariats pour qu’il y ait trois axes de développement : la restitution temporaire, l’acquisition de ces œuvres, et la restitution volontaire ou par des mécanismes de droit qui pourraient être enclenchés», a expliqué Alain-Claude Bilie-By-Nze.

Ce dernier a par ailleurs souligné qu’il est indispensable «d’avoir un répertoire de ces œuvres, une traçabilité de ces œuvres, parce que dans la question de la circulation des œuvres, il ne nous servira pas d’avoir ces œuvres uniquement chez nous, il faut également qu’ils puissent circuler en toute sécurité».