Sans surprise, le Parti démocratique gabonais a rejeté la résolution du Parlement européen qui met en doute les résultats de la présidentielle d’août 2016, donc la légitimité d’Ali Bongo. Le parti en a profité pour lancer une pique à la gauche française, dont la dernière primaire a été entachée d’accusations de fraude.

Clémence Mezui, porte-parole du secrétariat exécutif du PDG. © D.R.

 

On ne pouvait s’attendre au contraire. A la suite du gouvernement et des parlementaires gabonais, membres de l’ACP-UE, le PDG, le parti auquel appartient Ali Bongo, a désapprouvé et condamné «avec la dernière énergie» le contenu de la résolution du parlement européen, prise le 2 février, sur la crise au Gabon et en RDC. Une résolution qui, pour le parti «n’apporte aucun élément nouveau au débat, car elle n’est rien d’autre que la reprise des observations faites par la mission d’observateurs de l’UE au sortir de l’élection présidentielle». Mais le Secrétariat exécutif du PDG n’a pas manqué de rappeler aux parlementaires européens les doutes ayant également entaché certaines élections sur leur continent, notamment lors des primaires de leurs partis. Difficile ne pas voir un lien avec la récente primaire de la gauche française.

Si le PDG assure que sa volonté d’améliorer le processus électoral au Gabon est «constante (et) indéniable», le parti soutient, en effet, qu’ailleurs, notamment en Europe, des efforts doivent également être faits, y compris au sein des formations politiques. «Les récents évènements enregistrés en Occident viennent de démontrer que dans des pays qualifiés de vielles démocraties, les résultats des élections, tant au niveau national que des primaires des partis politiques, sont mis en doute par leurs propres électeurs sans que les donneurs de leçons à l’Afrique ne s’en émeuvent», a déclaré Clémence Mezui, porte-parole du secrétariat exécutif du PDG.

Au PDG, on n’accorde donc que peu d’intérêt à la résolution des parlementaires européens. Et l’autre raison évoquée par les instances du parti est que cette résolution n’est basée que sur le seul rapport des observateurs européens. Or, selon Clémence Mezui, parmi la soixantaine d’observateurs invités au Gabon en août 2016, certains se seraient faits remarquer par leur «objectivité douteuse», quand d’autres, a soutenu la porte-parole, ont clairement «fait preuve de partialité». Le parti a d’ailleurs dit mal comprendre que ces observateurs «s’arrogent le droit de remettre en cause la légitimité du chef de l’Etat régulièrement élu par le peuple gabonais». C’est «inacceptable», a jugé le PDG, estimant que «cette résolution est le dernier acte de décrédibilisation des pouvoirs publics gabonais après de vaines tentatives aux Nations-Unies, au sommet de la Francophonie à Madagascar, au sommet Afrique-France de Bamako (Mali) et dernièrement à Nairobi (Kenya) lors de l’Assemblée paritaire UE-Afrique Caraïbes Pacifique (ACP)».