Les parlementaires, membres de la section ACP-UE du Gabon, ne voient pas d’un bon œil la résolution adoptée récemment par le Parlement européen sur la crise politique au Gabon. Ils accusent les eurodéputés de tenter de déstabiliser le pays.

Lucie Milebou-Mboussou, présidente du Sénat, membre de l’assemblée mixte paritaire ACP-UE, vice-présidente chargée des Droits de l’homme. © D.R.

 

Adoptée le 2 février, la résolution du Parlement européen sur la crise politique au Gabon et en République démocratique du Congo est loin de faire l’unanimité dans les deux pays concernés. Au Gabon, celle-ci, qui émet des doute sur les résultats de la présidentielle d’août 2016 et mettant ainsi à mal la légitimité du vainqueur, Ali Bongo, a été accueillie comme un affront. «Le but inavoué [de cette résolution] était la déstabilisation de notre pays» et la fragilisation des institutions gabonaises, ont estimé les membres de la section parlementaire ACP-UE du Gabon, samedi 4 février, à la faveur d’une mise au point. Pour les parlementaires gabonais au nom desquels parlait la présidente du Sénat, Lucie Milebou-Mboussou, la résolution du Parlement européen serait, en réalité, «une réponse à l’échec de la résolution de Nairobi au Kenya» en décembre dernier, lors de la 32e session de l’assemblée paritaire ACP-UE.

Les parlementaires gabonais ont notamment condamné «avec la plus grande fermeté» une résolution mettant en cause «la légitimité d’un chef d’Etat élu par son peuple, qui a prêté serment conformément à la Constitution en vigueur et qui a été reconnu par la communauté internationale». Pour eux, cette résolution «met en évidence le coté partisan» des parlementaires européens, tout comme elle met à mal les résultats du futur dialogue national appelé par le président gabonais. Une telle résolution, jugent les parlementaires gabonais, attise les tensions sociales internes.

Dénonçant une nouvelle fois «le caractère impartial avéré de certains membres de la Mission d’observation des élections de l’Union européenne» qui, selon eux, ont outrepassé les termes de l’accord signé avec le gouvernement, les parlementaires ont appelé les Gabonais «à redoubler de vigilance et à privilégier la voix du dialogue» face aux «manœuvres intempestives et soutenues de déstabilisation d’un pays souverain». Comme le gouvernement un jour plus tôt, les membres de la section ACP-UE du Gabon ont rejeté la résolution des eurodéputés, avant de renouveler leur soutien à l’appel d’Ali Bongo aux assises devant permettre de trouver des solutions à la crise sociopolitique issue de la présidentielle du 27 août 2016.