Le Parlement européen s’apprête à voter d’ici 48 heures une résolution d’urgence sur «la crise de l’Etat de droit en République démocratique du Congo et au Gabon». Celle-ci sera examinée les 1er et 2 février 2017 à Bruxelles et invite le Conseil à envisager d’imposer des sanctions ciblées aux responsables des violences post-électorales, des abus des droits de l’homme et du sabotage du processus démocratique dans le pays.

Les membres du parlement européen. © europarl.be

 

La résolution de la crise de l’Etat de droit au Gabon et au Congo paraît plus que préoccupant pour plusieurs groupes parlementaires européens qui ne cessent d’initier des propositions de résolution contre ces pays. Du côté du groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ALDE) en passant par le groupe de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates au parlement européen, au groupe du Parti populaire européen (groupe PPE), la conclusion sur la dernière élection présidentielle d’aout 2016, est sans équivoque : «les résultats officiels de l’élection présidentielle manquent de transparence et sont extrêmement douteux, ce qui a eu pour effet de mettre en cause la légitimité du président Ali Bongo».

Se référant à un certain nombre de textes juridiques, accords, conventions internationales; et considérant l’environnement sociopolitique du pays, ainsi que les initiatives personnelles de certains hommes politiques et responsables institutionnelles à entretenir la crise de l’Etat de droit au Gabon, ces différents groupes s’inquiètent «profondément de la crise politique au Gabon (…) et demande instamment aux autorités gabonaises de prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir en toutes circonstances le respect de la démocratie, de l’Etat de droit».

Soucieux de rétablir la vérité des urnes issue de la présidentielle du 27 août dernier, et de favoriser le respecter des principes de la démocratie, de l’Etat de droit et du respect des droits de l’homme, parmi lesquels figurent la liberté d’expression, la liberté des médias, la bonne gestion des affaires publiques et la transparence des mandats politiques, les groupes Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe, Alliance progressiste des socialistes et démocrates au parlement européen et celui du Parti populaire européen demandent «que le recomptage des voix ne soit pas simplement porté devant la Cour constitutionnelle, mais également devant l’Union africaine et les Nations unies ; demande le lancement de la mission postélectorale de l’Union africaine, initialement prévue en septembre 2016. Tout en appelant les États membres de l’Union européenne à s’engager dans un dialogue politique intensifié avec le gouvernement gabonais en vue d’obtenir des engagements en faveur du renforcement de la démocratie, de la bonne gouvernance et du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, valeurs inscrites dans l’accord de Cotonou et dans l’acte constitutif de l’Union africaine. »

Dans l’ensemble des propositions de résolution qui seront examinées et débattues au cours des deux prochaines journées à Bruxelles, les députés européens ne vont pas par le dos de la cuillère face à la gestion de la présidentielle passé par le régime d’Ali Bongo Ondimba. Ils invitent le Conseil à envisager «d’imposer des sanctions ciblées aux responsables des violences post-électorales, des abus des droits de l’homme et du sabotage du processus démocratique dans le pays; et condamnent fermement toute tentative visant à se maintenir au pouvoir contre la volonté du peuple en enfreignant la constitution et les autres lois du pays».

Consulter la proposition de résolution du groupe du Parti populaire européen ici: http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-%2f%2fEP%2f%2fTEXT%2bMOTION%2bB8-2017-0126%2b0%2bDOC%2bXML%2bV0%2f%2fFR&language=FR