Estimant que les libertés individuelles sont de plus en plus menacées à travers certains posts d’internautes, la présidente du Sénat Lucie Milebou Mboussou a récemment interpelé le gouvernement pour qu’il mette de l’ordre dans l’usage des réseaux sociaux au Gabon.

Lucie Milebou Mboussou, la présidente du Sénat. © Gabonreview

 

La cérémonie d’ouverture de la première session ordinaire du Sénat, le 1er mars, a donné l’occasion à Lucie Milebou Mboussou de s’«inquiéter des dérives des libertés individuelles» au Gabon. Celles-ci, selon la présidente du Sénat, «se matérialisent à travers les réseaux sociaux et certains médias, par des propos ignobles, qui perturbent et troublent notre société, nos familles». Ces derniers mois, a-t-elle dit, «la perte des valeurs morales, culturelles, conjuguée au désir de détruire son prochain gratuitement, et la délectation des propos haineux, n’ont jamais atteint un niveau aussi élevé de nocivité».

Si la patronne du palais Omar Bongo Ondimba, qui a interpelé le Premier ministre sur le sujet, lui a rappelé que «personne n’est à l’abri d’une médisance» sur les réseaux sociaux, elle l’a également prévenu de ce que les conséquences d’un usage non contrôlé par les autorités publiques sont «multiformes» et «incalculables». Emmanuel Issoze Ngondet et ses collègues sont donc appelés à relever «le défi sécuritaire» face auquel la présidente du Sénat les mettait déjà lors de sa présentation des vœux de nouvel an au président de la République. Ce défi sécuritaire, a-t-elle fait remarquer, «n’est plus que physique, il englobe désormais la sécurité de la vie familiale, l’équilibre sociale avec cette appréhension du discours malveillant de l’autre».

Les sénateurs ont recommandé au gouvernement d’entreprendre des mesures visant à limiter les conséquences occasionnées par ce qu’ils se représentent désormais comme une «nouvelle forme de criminalité moderne».