La société civile a haussé le ton, 24 heures après la violente répression de la marche des élèves, le 20 février dernier, dans plusieurs villes du pays et celle des sinistrés, victimes d’inondations quelques jours avant. Si aucune perte en vie humaine n’a été déplorée, l’on dénombre tout de même de nombreux blessés : «Une brutalité de trop», selon la société civile.  

Georges Mpaga, responsable du ROLBG. © D.R.

 

La vague de contestations sociales observée ces derniers jours au Gabon, notamment avec les populations sinistrées des inondations et surtout celle des élèves réclamant de meilleurs conditions d’études et le retour dans les salles de classe de leurs enseignants, a donné lieu à une répression violente de la part des forces de l’ordre. Pas insensible à cette « répression sauvage », la société civile a donné de la voix, ce 21 février à Libreville.

«Nous condamnons ce type de comportements, nous condamnons l’irresponsabilité de ce gouvernement, son incompétence notoire, son incapacité à agir de façon convenable, à répondre de façon approprié aux besoins et aspirations d’une population de plus en plus révoltée», a notamment déclaré le président du Réseau des organisations libres pour la bonne gouvernance (ROLBG).

«Et cette révolte a pris de l’ampleur ce matin, ce lundi 20 février 2017 avec des mouvements de contestations du front scolaire à Port-Gentil, Lambaréné, Moanda. Et les autres villes du pays sont en pleine ébullition. Ça montre que ce régime est en perte de vitesse, en perte de contrôle de la réalité sociale du pays. C’est un régime qui ne comprend pas que le Gabon ne veut plus de lui», a poursuivi Georges Mpaga.

Pour lui, il ne s’agit ni plus ni moins que de «la barbarie dans sa forme d’expression la plus abjecte». Il ne comprend pas non plus cet élan de cœur manifesté seulement à l’endroit des sinistrés d’ailleurs. A cet effet, Georges Mpaga a rappelé l’acte de générosité à l’endroit des populations sinistrées d’Haïti, à qui Ali Bongo avait offert une enveloppe d’un milliard de francs CFA. Egalement, en Floride (USA) pour les mêmes raisons où il aurait «mis de l’argent».

«Mais on le voit absent du pays, son gouvernement est absent, incapable de venir soutenir les sinistrés», s’est plaint le président du ROLBG, saluant tout de même la visite de Jean Ping à ces populations sinistrées. «Ça montre sa passion pour le pays, son engagement préférentielle pour les plus pauvres, les personnes les plus vulnérables de ce pays. Il a montré l’exemple par sa descente sur le terrain, sa proximité avec les populations, démontré par la preuve qu’il était effectivement celui qui a été élu par les Gabonais : l’homme qu’il faut à la place qu’il faut», a-t-il lancé.

Dans la même veine, Laurence Ndong, activiste bien connue pour ses prises de positions à travers les réseaux sociaux, a également dénoncé la violence policière. «Les enfants réclament simplement d’aller à l’école, que l’école reprenne, parce que ça fait des mois qu’ils n’apprennent pas. Ali Bongo répond comme il a fait hier (ndlr, le 20 février) en envoyant sa milice cagoulée pour charger les enfants de gaz lacrymogène, les blesser», a-t-elle dénoncé.

Par ailleurs, l’activiste a appelé les femmes à se lever pour dire non à Ali Bongo. «Les femmes, levons-nous, c’est de nos enfants dont il s’agit (…) Je vous en supplie levons-nous, battons-nous, allons dans la rue, sortez, marchez pour dire non à Ali Bongo et lui montrer qu’en réalité il peut faire ce qu’il veut, il ne nous fait pas peur du tout. Nous devons récupérer notre pays, et nous allons y arriver c’est sûr», a-t-elle lancé, suggérant par la même occasion aux jeunes et aux hommes de soutenir les mamans dans cette initiative.

Auteur : Alain Mouanda