Selon les enseignants membres du Syndicat de l’éducation nationale (Sena), le système éducatif gabonais est pris en otage par des forces obscures, réfractaires à toute évolution qualitative qui nous est imposée aujourd’hui par la mondialisation des échanges.

Le Sena réclame une réelle politique éducative. © Gabonreview

 

Les enseignants membres du Syndicat de l’éducation nationale (Sena), ont livré le 6 octobre 2017, leur lecture du système éducatif gabonais. C’était à la faveur de la célébration de la journée mondiale de l’enseignant, chaque 5 octobre. Cette journée marquait également la reprise des activités syndicales.

Pour ces acteurs de l’éducation, le constat est implacable : le système éducatif gabonais est plombé par une combinaison de maux qui le dessèche. En effet, l’école gabonaise enregistre un taux de redoublement parmi les plus élevés d’Afrique. A cela s’ajoute des effectifs pléthoriques (plus de 100 élèves par classe dans certains établissements primaires et secondaires de milieu urbain). Mais aussi, une insuffisance de structures d’accueil et bâtis scolaires fortement dégradés. Tout comme des situations administratives et financières gelées depuis trois ans au moins, pour l’ensemble des personnels enseignants.

Les enseignants membres du Syndicat de l’éducation nationale à la rentrée syndicale. © Gabonreview

Par ailleurs, si les formations des enseignants et des autres personnels sont mal pensées, les concours et stages professionnels sont suspendus ; l’insécurité et violences scolaires gangrènent un système dominé par la marchandisation de l’école.

Pour le secrétaire exécutif du Sena, l’absence d’une réelle politique éducative au Gabon serait l’une des raisons fondamentales de cette décadence du système éducatif gabonais.

«A la lumière des faits, la situation actuelle de l’école gabonaise plairait à bien des acteurs qui la regardent tomber en disgrâce et à perdre ses lettres de noblesse. Notre système éducatif est pris en otage par des forces obscures, réfractaires à toute évolution qualitative qui nous est imposée aujourd’hui par la mondialisation des échanges. Ces forces, bien entendu, se trouvent pour l’essentiel au ministère de l’Education nationale. Elles font et défont des ministres», a déclaré Fridolin Mve Messa.

Tout en proposant des pistes de solution pour sortir l’école gabonaise de sa léthargie et lui permettre d’atteindre l’axe numéro 4 des Objectifs du développement durable (ODD) à l’horizon 2030, le Sena a invité le gouvernement à améliorer la qualité de l’enseignement pour l’intégrité des élèves du Gabon.

Le syndicat a recommandé aux autorités de réviser les curricula, d’assurer la formation des enseignants et du personnel d’appui, de multiplier la construction des infrastructures et de mettre en place une gestion participative du système et des ressources.