Plus d’un an après le début du mouvement axé sur la contestation de la réélection d’Ali Bongo en août 2016, la Convention de la diaspora gabonaise (CDG) envisage de donner un nouveau souffle à la «Résistance». L’association annonce des assises sur la question en juin prochain.

La CDG entend redonner un nouveau souffle à la “Résistance”. © D.R.

 

Pour marquer leur 6e rentrée politique placée sous le thème de la «Résistance», les membres et sympathisants de la CDG se sont retrouvés le week-end dernier dans un hôtel du 17e arrondissement de Paris (France). Cette rencontre, selon les responsables de l’association politique, avait pour principal objectif de mener une réflexion sur le positionnement de leur structure «dans un contexte de Résistance» ainsi que sur le passé et l’avenir politiques du Gabon.

Plus d’un an après son lancement à la suite de la réélection d’Ali Bongo à la présidentielle d’août 2016, l’association estime que le concept de Résistance doit se renouveler. Dans son exposé sur le thème de «la précarité de la diaspora gabonaise», Andy Beyeme a expliqué que, plus que dans le passé, les Gabonais vivant à l’étranger, notamment en France, sont de plus en plus confrontés à une sorte d’insécurité sociale et politique qui fragilise leurs conditions de vie quotidienne. Leur sort, dans l’absolu, ne serait donc pas meilleur que celui de ceux vivant sur le territoire national. Pour lui, «la Résistance engendre une peur légitime. Peur de représailles, au point que certains demandent l’asile ou se privent de certains droits ou informations par peur de se frotter à l’administration de leur pays. Pour les étudiants, les bourses sont payées avec beaucoup de retard ou simplement coupées. Ce qui suscite une méfiance des banques et bailleurs vis-à-vis des ressortissants gabonais». Cet ensemble de faits, a fait observer l’exposant, participe à l’augmentation du nombre de Gabonais en situation irrégulière ou impliqués dans des affaires d’immigration clandestine.

En plus du débat sur la condition des «résistants» de France, les travaux de la CDG ont porté sur l’insécurité politique et sociale qui prélaverait au Gabon. Les exposants, à l’instar de Serge Ibinga, se sont dits préoccupés. Plutôt critique envers le régime de Libreville, l’orateur a estimé que celui-ci a fait du Gabon «un pays des paradoxes». Paradoxes nourris par «des choix hasardeux dans les projets de développement» et illustrés notamment par les indicateurs économiques et sociaux «alarmants».

Des membres et sympathisants de la CDG. © D.R.

Intervenant sur la situation économique du pays, Serge Ibinga a décrit un pays endetté plus que de raison, où le taux de chômage reste très élevé, la croissance économique fortement en baisse, etc. Une «situation désastreuse» à l’origine de la fermeture de plusieurs entreprises et banques, a estimé l’orateur, jugeant que le climat politique n’est pas plus reluisant. «Le régime en place est très contesté, il n’y a aucun dialogue franc entre opposition et tenants du pouvoir. Ce qui nourrit et attise les tensions sociales».

Brossant un tableau peu flatteur de leur pays d’origine, les membres de la CDG, envisage d’organiser d’ici à juin prochain «les assises de la diaspora de la Résistance», au cours desquelles seront débattues les stratégies et actions à mener pour donner un nouveau souffle et une nouvelle forme au «combat pour l’alternance».

Pour rappel, la CDG a été créée en 2012 avec pour mission fondamentale, «l’instauration de l’état de droit au Gabon». Elle a participé activement à la campagne présidentielle 2016 au cours de laquelle elle soutenait la candidature de Jean Ping, qui conteste toujours la réélection d’Ali Bongo Ondimba.