Le président de Démocratie Nouvelle est revenu, le 18 décembre à Mitzic, sur les raisons de sa participation aux assises d’Angondjé. Pour René Ndemezo’o Obiang, Ali Bongo ayant été déclaré élu par la Cour constitutionnelle, il fallait tourner la page 2016 et aller de l’avant.

René Ndemezo’o Obiang lors de son mot de circonstance, le 18 décembre 2017 à Mitzic. © Gabonreview

 

Moments de l’arrivée à l’aéroport d’Oyem de René Ndemezo’o Obiang et des lieutenants de Démocratie Nouvelle. Leaders du parti et officiels à Mitzic. © Gabonreview

Le parti Démocratie Nouvelle a démarré une tournée politique dans le Woleu-Ntem par l’étape de Mitzic, le 18 décembre. A la tête d’une délégation comptant notamment deux membres du gouvernement, issus de sa formation politique, le président du parti a justifié sa participation au dernier dialogue politique. Selon René Ndemezo’o Obiang, tout est parti de sa dernière tournée dans la province, en décembre 2016.

«Lors de cette tournée, je me suis efforcé d’expliquer que dès lors que la Cour constitutionnelle a rendu son verdict, les élections sont terminées. Certes, le message avait été accueilli mi-figue mi-raisin, mais j’estimais que c’était mon devoir, en tant que fils du Woleu-Ntem, de dire la vérité aux populations», a indiqué le président de Démocratie Nouvelle.

En effet, estimant avoir été le directeur de campagne de Jean Ping lors de la dernière présidentielle, René Ndemezo’o Obiang a affirmé qu’il avait la capacité de voir plus loin. «J’avais le devoir de dire que lorsque l’avenir est bouché, peuple du Woleu-Ntem : il faut savoir s’arrêter, repartir et se réorganiser. Les élections présidentielles ne se sont pas terminées en 2016. Il y’en aura d’autres. Tout comme il y aura des élections législatives, locales, sénatoriales…et il en sera ainsi tant que le Gabon existera», a-t-il souligné. «Nous ne pouvions pas brûler le pays parce que les objectifs que nous avons recherché à l’occasion d’une élection, n’ont pas été atteints», a-t-il insisté.

En «homme politique responsable» et «fils du Woleu-Ntem», René Ndemezo’o Obiang s’est dit obligé de venir restituer aux populations de la province, les grandes réformes issues du dialogue d’Angondjé. Notamment, le retour aux élections à deux tours, la réorganisation des structures en charge de la gestion des élections, le nouveau découpage électoral, etc. Ce dernier n’a pas manqué de lancer quelques piques à ses détracteurs, notamment sur la question de la limitation de mandats du président de la République.

«Je me demande si les gens connaissent la Constitution. La non limitation de mandats du président de la République existe dans la Constitution actuelle. Ce ne sont pas ceux qui sont allés au dialogue qui ont introduit cette disposition», a déclaré René Ndemezo’o Obiang, affirmant que cette question a bel et bien été mise sur la table par la délégation de l’opposition, lors des assises d’Angondjé.

«Nous n’avons simplement pas obtenu gain de cause. Nous avons estimé par ailleurs, que le plus important en matière d’organisation des élections, c’est que celles-ci soient transparentes. Il ne faut pas que par paresse, l’on veuille obtenir l’alternance par la voie des textes. Alors que l’alternance s’obtient essentiellement par le travail et la mobilisation des populations», a-t-il ironisé.

Ce dernier a du reste souligné que la composition du dernier gouvernement, dit de large ouverture, résulte de la volonté du chef de l’Etat de faire appliquer les résolutions du dernier dialogue politique. Un gouvernement dans lequel figurent deux lieutenants de Démocratie Nouvelle, Jonathan Ndoutoume et Patrick Eyogo Edzang, tous deux membres de Démocratie Nouvelle.