À 85 jours théoriques de l’élection présidentielle gabonaise, le climat politique est très tendu à Libreville, tout comme le sont les relations entre le Gabon et le Congo. Ce samedi, le président de la République gabonaise, profitant d’un sommet sur les questions de sécurité dans la sous-région, va avoir un entretien en tête-à-tête avec le chef de l’Etat congolais. 

© gettyimages.com

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Selon des sources diplomatiques, l’entretien entre les deux hommes se tiendra à Oyo, à à plus de 400 km de Brazzaville. Deux principaux sujets devraient être à l’ordre du jour de cet échange : l’affaire de l’acte de naissance d’Ali Bongo, dont les opposants ont récemment révélé qu’ils n’en avaient trouvé aucune trace à Brazzaville au Congo, et les questions de sécurité entre les frontières reliant les deux pays. Le courrier d’informations confidentielles, La Lettre du Continent, souligne pour sa part qu’Ali Bongo soupçonne son homologue et voisin congolais de soutenir ses deux principaux challengers, à savoir Jean Ping et Guy Nzouba Ndama. Le chef de l’Etat gabonais «craindrait également l’infiltration des milices venues de Brazzaville et favorables aux deux opposants à Libreville à la veille du scrutin présidentiel», indique la lettre d’informations confidentielles citée plus haut.

Depuis la prise de pouvoir d’Ali Bongo en octobre 2009, «les relations bilatérales se seraient passablement dégradées», selon des sources diplomatiques qui ajoutent que les deux chefs d’Etat ne se voient plus que lors de réunions sous-régionales et régionales ou de manifestations commémorant l’anniversaire de l’Indépendance du Congo, comme le 15 août de chaque année. Épiphénomène de  la brouille relative de ces relations : la récente interpellation, par les forces de sécurité congolaises, de l’ambassadeur du Gabon au Congo dans sa résidence située dans un hôtel.

La rencontre de ce samedi devrait donc permettre une plus grande normalisation entre les deux chefs d’Etat et les deux pays.