Intervenant le 23 novembre à Bruxelles dans le cadre du Glob’s Forum, l’ancien vice-Premier ministre gabonais a milité pour un changement de paradigme dans les rapports liant l’Europe à l’Afrique.

Bruno Ben Moubamba, recevant de la délégation marocaine un sabre traditionnel, le 24 à Bruxelles.

 

Bruno Ben Moubamba en est convaincu, le partenariat actuel entre l’Afrique et l’Europe doit changer. D’autant que son continent, d’ici à la fin du siècle, comptera 2 milliards d’habitants. Ce qui, pour l’ancien vice-Premier ministre gabonais, représente une force et un argument non négligeable face à de grandes puissances européennes. Invité à intervenir, jeudi 23 novembre, dans le cadre du Glob’s Forum, il a milité, non sans un certain succès de la part de son auditoire, pour une véritable considération des pays africains par l’Europe.

«L’Afrique n’est pas seulement une opportunité d’investissement, d’affaires et de matières premières. L’Afrique est aussi un réservoir de valeurs, de principes, de forces métaphysiques et culturelles», a-t-il défendu, tout en rappelant que l’Europe doit, en partie, son développement à l’Afrique et aux Africains depuis le temps de l’esclavage jusqu’à lors.

«L’Europe a eu besoin de l’Afrique pour relancer son économie, pour se donner de nouvelles perspectives, aujourd’hui, c’est l’Afrique qui appelle l’Europe à user du rang qui est le sien dans le monde pour faire évoluer positivement la gouvernance. Parce qu’il n’y aura jamais d’investissements crédibles en Afrique s’il n’y a pas un changement et un renouveau de la gouvernance africaine. C’est ce que demande cette génération (dont je suis le porte-voix). Tant qu’il n’y aura pas de changement de la gouvernance, il n’y aura rien», a déclaré Bruno Ben Moubamba, suscitant des applaudissements des participants du forum.

Pendant son intervention, le président de l’Alliance pour le changement et le renouveau (ACR) a invité les dirigeants africains et européens à «sceller un nouveau partenariat entre nos deux mondes». Pour celui qui n’a pas manqué de rappeler à l’assistance qu’il a occupé la 3e place à la présidentielle d’août 2016 au Gabon, la nouvelle relation entre l’Europe et l’Afrique serait «basée sur l’estime et le respect réciproque». Il a notamment dit refuser «une relation qui met en scène d’un côté les Européens et de l’autre les Africains dont le seul point de convergence serait l’exploitation des matières premières africaines et le point de divergence l’immigration choisie ou non choisie».