Perçue comme «un plan de précarisation du travailleur gabonais» la nouvelle réforme de la pension retraite proposée par le gouvernement a été dénoncée le 31 janvier par les travailleurs membres de la confédération syndicale Dynamique unitaire.

Le président de la Dynamique unitaire, Jean Remy Yama, le 31 janvier 2018. © Gabonreview

 

Les travailleurs membres de la confédération syndicale, Dynamique unitaire se sont retrouvés le 31 janvier, à Awendjé, dans le 3e arrondissement de Libreville, pour passer un message au gouvernement. Ils ne se laisseront plus dépouiller financièrement et indéfiniment par les augmentations des impôts, des taxes sur la consommation de l’eau et de l’électricité, des prix du carburant, de la taxe audiovisuelle, du taux de prélèvement de la CNAMGS et celui de de la retraite.

Selon le président de Dynamique unitaire, Jean Remy Yama, «Les travailleurs n’accepteront plus tous prélèvements, toutes manipulations de leurs salaires pour des objectifs inavoués. Toute décision qui n’aura pas été au préalable traité avec la présence de Dynamique unitaire dans le cadre d’une concertation sociale ou les parties s’asseyent pour discuter, toute décision unilatérale du gouvernement qui viserait donc à ponctionner sur nos revenus, ne sera pas acceptée par les travailleurs».

Les travailleurs membres de la confédération syndicale, Dynamique unitaire le 31 janvier, à Awendjé dans le 3e arrondissement de Libreville. © Gabonreview

N’ayant pas été associées aux discussions sur la pension retraite à la chambre de commerce (du 30 octobre au 10 novembre 2017), la plateforme syndicale rejette toutes les conclusions issues de ces travaux qualifiées de «plans cachés du gouvernement pour précariser davantage le travailleur». Selon les conclusions de ces discussions, l’âge de départ à la retraite passe de 60 ans à 63 ans, la durée d’assurance quant à elle, est fixée à 30 ans et le plafond mensuel soumis à cotisation est de 1.122.000 francs CFA.

Pour les syndicalistes, cette réforme est une vaste escroquerie organisée par le pouvoir. «Nous qualifions ces décisions d’escroquerie. En effet, quand l’âge de la retraite est largement au-dessus de l’espérance de vie, cela voudrait dire que plus de la moitié des travailleurs n’atteindront pas la retraite. L’aspiration de tout un chacun c’est de profiter pleinement de sa retraite, elle ne doit pas être perçue comme une condamnation certaine à la mort », affirme Jean Remy Yama.

Selon ce dernier, si vous avez travaillé pendant plus de 30 ans, les autres années de cotisation ne seront pas prises en compte. C’est une grosse injustice pour la jeune génération qui accède très jeune à l’enseignement supérieur et appelée à travailler de plus en plus jeune.

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En effet, argumente le président de Dynamique unitaire, « un jeune homme qui intégrera la fonction publique à 23 ans ou moins, va travailler pendant plus de 40 ans et pour le calcul de sa retraite, on ne tiendra compte que de 30 ans (…). Est-ce qu’on lui dira à 53 ans qu’il a atteint sa durée maximum d’assurance et qu’il peut prendre sa retraite ou bien, on le dispensera des prélèvements entre 53 et 63 ans», s’interroge le syndicaliste. «Nous voulons une réforme où tout le monde s’accorde et dans l’intérêt des travailleurs et des futurs retraités», a-t-il conclu.

Pour Jean Remy Yama et ses camarades qui promettent de se mobiliser et protester chaque fois que le gouvernement prendra un acte qui précarise les travailleurs ou qui va à l’encontre de leurs droits, l’heure est à la concertation. Sinon, rien !