Les représentants du gouvernement et ceux de la Société nationale de Croix-Rouge, examinent depuis le 18 novembre courant, les questions légales soulevées par les opérations d’intervention en cas de catastrophe. Objectif : doter le pays d’un outil procédurier efficace pour la réduction des risques liés à ce phénomène naturel ou humain.

Les officiels à la cérémonie d’ouverture, le 18 novembre 2015 à Libreville. © Gabonreview

 

Le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur a ouvert, le 18 novembre 2015, en présence de la coordinatrice de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge en Afrique et de la présidente de la commission environnement à l’Assemblée nationale, l’atelier national sur le droit relatif à la réduction des risques de catastrophe. Plus qu’une rencontre supplémentaire, il s’agit selon Guy Maixent Mamiaka, d’essayer de traduire de manière concrète, au plan national, toutes les recommandations et instruments internationaux auxquels a souscrit le Gabon. «C’est l’intérêt essentiel de notre réunion. Nous avons multiplié les rencontres. Mais, qu’elle est l’impact de ces rencontres dans la vie quotidienne des populations», a rappelé le ministre.

Dans un monde sans cesse plus fragile et vulnérable, l’intégration de la problématique de gestion des crises au sein des politiques de développement devient de plus en plus urgente. La prévention et la préparation aux désastres sont des éléments essentiels des gouvernements et des acteurs de l’aide internationale. Cependant, le manque de cadres législatifs spécialisés aurait un impact sur les activités propres aux pouvoirs politiques et le travail de soutien des organismes communautaires tels que les Sociétés nationales. En effet, le «cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe 2015-2030», adopté en mars dernier lors de la troisième conférence mondiale des Nations Unies sur la réduction des risques de catastrophes, appelle au renforcement de la gouvernance des risques de catastrophes pour mieux les gérer, et en particulier à travers les cadres. S’il est utopique de penser pouvoir arrêter les catastrophes, il reste, qu’il est possible de mieux anticiper les risques et les réduire, admet le président de la Croix-Rouge Gabonaise. «Nous constatons que lorsqu’il y a une catastrophe, il y a de véritable problème de coordination, au niveau des interventions, des institutions et aussi nous constatons que bien qu’il existe une plate-forme, nous avons du mal à cerner les rôles des différents intervenants. Il est bien d’avoir des plates-formes, mais ces dernières doivent être opérationnelles», a relevé Guy Patrick Obiang Ndong.

Il s’agira pour les participants réunis sur deux journées, d’explorer les questions juridiques liées à la réduction des risques de catastrophe (RRC) ; de considérer une analyse des cadres nationaux et mondiaux sur la RRC, y compris une cartographie des meilleures pratiques et des lacunes dans la législation locale. Mais également, de piloter une liste de vérification sur le droit et la RRC, qui offre les principales questions que les parlementaires et les exécutifs, et des particuliers, devraient envisager en vue d’assurer que les lois nationales contribuent efficacement à réduire le risque de catastrophes. «La RRC, est si important parce qu’il est directement lié à la réduction de la souffrance humaine. La loi peut exiger des règles claires sur les actions des institutions pour prévenir la survenance d’une catastrophe. La loi peut aussi nous aider à assurer que nos constructions soient plus sûres, ou que des systèmes fiables soient en place pour fournir une alerte précoce des risques», a indiqué la coordinatrice de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge en Afrique, Nadia Khoury.

Selon les chiffres de la Croix-Rouge gabonaise, en 2014 afin de répondre aux différentes catastrophes, 1259 volontaires ont été mobilisés pour aider les personnes sinistrées aux catastrophes naturelles, 566 ménages ont bénéficié d’un appui et 447 familles ont été accompagnées lors des inondations.