Loin de faire l’unanimité, l’entrée en vigueur de la redevance audiovisuelle et cinématographique vise un objectif : l’amélioration de la qualité des programmes des chaînes de télévision publiques. De 500 francs cette année, la Rac devrait augmenter en 2019.

Alain-Claude Bilie-By-Nze, le ministre d’Etat en charge de la Communication, entend faire bon usage de la Rac. © D.R.

 

Effective depuis le 1er janvier, la redevance audiovisuelle et cinématographique (Rac) est fixée à 500 francs CFA pour chaque réabonnement aux différents bouquets offerts par les trois principaux opérateurs, TNT Africa, SATCON et Canal+. Décriée par les populations ces derniers jours, la Rac devrait pourtant connaître une augmentation en 2019, a annoncé, le 5 janvier, le ministre d’Etat en charge de la Communication. Il en va de la qualité de l’offre des télévisions publiques, a justifié Alain-Claude Bilie-By-Nze. Il estime qu’à ce jour, «la télévision publique gabonaise n’est pas à niveau» et «ne répond pas aux objectifs de l’Etat dans les domaines de l’information, de la distraction et des connaissances à apporter aux populations».

Or, «la qualité a un coût, et les Gabonais sont exigeants en termes de qualité». Pour le gouvernement, les 300 millions de francs de subvention annuelle allouée à la télévision publique ne suffiront pas à améliorer la qualité des programmes des chaînes de télévision publiques et à offrir aux professionnels de meilleures conditions de travail, à travers l’achat de nouveaux équipements. «Cette redevance a été mise en place pour répondre aux besoins en termes de mise à niveau des équipements, de contenus, de formation des personnels et d’achat des programmes», a expliqué Alain-Claude Bilie-By-Nze. L’argent collecté chaque mois, a-t-il précisé, ne sera géré ni par lui-même ni par son cabinet, mais conformément au compte d’affectation spéciale créé à cet effet.

Présentée comme une «contribution à l’effort national, en termes de qualité des programmes», la Rac, selon le ministre de la Communication, avait initialement été fixée, en 2017, à 1 500 francs. Celle-ci, a-t-il informé, «a été collectée», et en 2019, une différence sera établie entre les abonnements chez tous les opérateurs. Les abonnements aux bouquets dits «privilège» devraient coûter plus cher.