Présent à Libreville pour la 8e Réunion extraordinaire du Conseil des ministres des Affaires étrangères de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), le ministre centrafricain des Affaires étrangères, Charles Armel Doubane, s’est prêté aux questions des journalistes pour tracer l’horizon de la paix en RCA.

Le ministre des Affaires étrangères et des Centrafricains de l’étranger, Charles Armel Doubane, le 21 octobre 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

Quelle est la réalité du terrain aujourd’hui en RCA?

Charles Armel Doubane : Laissez-moi remercier les autorités gabonaises qui ont bien voulu, avec la CEEAC, organiser cette réunion qui a été réservée à la République centrafricaine, mon pays. Aujourd’hui, la situation, quand bien même, il y a des avancées, se dégrade depuis le mois de mai, parce qu’il y a un déplacement du conflit vers des régions qui, originellement n’étaient pas frappées.

Cette situation a mis sur les routes des déplacés internes, créant une demande humanitaire qui a besoin d’une réponse urgente. Elle a également créé des conditions de la non-cohésion entre les populations. C’est fort de cela et dans la perspective de l’arrivée, dans la sous-région, et particulièrement en Centrafrique, du Secrétaire général des Nations unies, que la CEEAC et l’Etat gabonais qui assurent le leadership de notre communauté, ont pris sur eux d’organiser à Libreville, cette journée du 20 octobre consacrée à la RCA. Une journée qui nous a permis de passer en revue les avancées, les défis et ce qu’il faut faire dans le cadre de la Feuille de route de l’Union Africaine (UA), laquelle est maintenant le cadre fédérateur de toutes les initiatives devant apporter la paix en Centrafrique. Ces assises devraient faire en sorte que ce qui a été pensé globalement, ce qui crée les conditions d’une mutualité de volontés soit mis en œuvre afin de créer les conditions de l’atteinte de l’accalmie prolongée, pour déboucher sur la paix et permettre à la RCA de se relever et de se développer.

S’il vous était donné de quantifier les besoins de la RCA aujourd’hui, que diriez-vous?

Ecoutez, il ne faut pas parler de la quantification en termes monétaire parce que vous savez qu’il y a en RCA des défis humanitaires et des défis sécuritaires. Cela ne peut donc se faire que dans le cadre global d’une approche qui permette aux groupes armés de déposer les armes, de revenir dans la légalité et de créer les conditions de relèvement de la Centrafrique par les Centrafricains, avec l’accompagnement de la communauté internationale, y compris la sous- région. Je crois qu’il faut voir ces démarches de cette manière qui doit être holistique pour permettre d’asseoir les volontés autour de l’objectif fondamental qui est la paix.

Qu’attendez-vous de l’arrivée du Secrétaire général de l’Onu en RCA?

Les Nations unies sont bien présentes en Centrafrique via la Minusca ( ). Elles sont la partie visible de la grande communauté internationale. Et l’arrivée de monsieur Guterres est destinée non seulement à apporter un message de paix aux Centrafricains, un message de cohésion qui permettrait, nous l’espérons effectivement, de remettre les uns et les autres face à leurs responsabilités. Il s’agit des autorités centrafricaines, de la population centrafricaine et également de la communauté internationale et la Minusca qui œuvrent tous les jours pour ramener cette paix en RCA et dans la sous-région. Parce que la paix en RCA, c’est la stabilité et le gage de la sécurité dans la sous-région, y compris pour le développement harmonieux de cette sous-région. C’est fondamental !

Avez-vous prévu un chronogramme d’actions, à court, moyen et long terme?

On ne peut que travailler de cette manière. Aujourd’hui, c’est une crise qui a assez duré. C’est une crise qui essaie de se résorber et donc, pour nous, l’objectif fondamental est que d’ici au 31 décembre, cessent les hostilités et que l’an 2018 soit pour nous, l’année de relèvement pour amorcer le développement parce que tout le monde est fatigué de cette longue crise.