Face à la menace de grève générale brandie par les syndicats du pays, le Premier ministre Raymond Ndong Sima a entamé, ce 19 novembre à Libreville, une série de concertation avec les responsables des principales centrales.

Le prix du poisson est passé en 3 ans de 1 000 F le kg à plus de 3 500 F, parfois plus, à Libreville - © Static/gabonreview.com

Les syndicats dénoncent vie chère qui grève le panier de la ménagère et risque de provoquer une explosion sociale. Ces pourparlers, dont le programme n’a pas été précisé, interviennent cinq jours après que plusieurs centrales syndicales gabonaises eurent déposé sur la table du gouvernement un préavis de grève qui expire le 22 novembre.

En octobre dernier, le gouvernement a décidé de suspendre, pour trois mois, la perception des frais de douane et de Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pour neuf groupes de produits. Il s’agit du poisson (frais et salé), de la viande (bovine et porcine), de la volaille (poule, poulet et dinde), du riz, du lait (poudre et concentré), des conserves de légumes (petits pois et tomates concentrées), des fruits et légumes, des pâtes alimentaires (spaghettis et macaronis) et des conserves de poisson (sardines et maquereaux).

La perte pour l’État est estimée à 11 milliards de francs CFA pour ces trois mois. Par ailleurs, le gouvernement a plafonné le prix du poisson, de la volaille et des conserves. Des mesures jugées inefficaces, avec raison, par les syndicats car auprès des détaillants, les prix n’ont pas bougé. Il est d’ailleurs à noter que certains de ces produits sont en rupture de stock chez de nombreux commerçants.

A la faveur d’une conférence de presse en septembre dernier, le Premier ministre Raymond Ndong Sima, a affirmé que le Gabon était durement frappé par la vie chère parce qu’il importe l’essentiel des produits alimentaires. Chaque année en effet, le Gabon importe plus de 85% de ses denrées alimentaires, pour environ 150 milliards de francs CFA, selon le Fonds des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO).

A ces difficultés s’ajoute le coût élevé du transport urbain et du logement dans les différentes villes gabonaises. Lors de son discours de circonstance lancé le 17 août dernier, le président Ali Bongo avait invité le gouvernement «à tout mettre en œuvre pour que le coût de la vie soit maîtrisé, afin d’assumer un mieux-être des populations».