Au premier arrondissement de la commune de Libreville, la mairie assure ne pas être complaisante vis-à-vis des agents municipaux véreux. Elle exhorte les commerçants des Charbonnages à les dénoncer.

L’Hôtel de ville de Libreville encourage les commerçants à dénoncer les agents de la police municipale auteurs de racket. © D.R.

 

Fini le rançonnage des commerçants sur le marché du carrefour Charbonnages ! C’est du moins le souhait de la mairie du premier arrondissement de la commune de Libreville. Bien que jugeant «illégale» l’installation d’un marché à cet endroit, les autorités municipales n’ont pas caché leur embarras face au phénomène maintes fois décrié par les commerçants. A la faveur d’une rencontre jeudi 19 juillet avec les commerçants à qui ils ont annoncé une opération de déguerpissement des trottoirs dans les tout prochains jours, le 2e maire adjoint de Libreville et ses collaborateurs ont encouragé les victimes à dénoncer les agents municipaux véreux.

«Nous n’avons reçu aucune plainte des commerçants du marché des Charbonnages dénonçant ces pratiques», a regretté Bonaventure Nzigou Manfoumbi s’adressant aux commerçants. «Si vous vous plaignez, alors que vous êtes convaincus de vous faire racketter, vous (devez saisir) les autorités municipales qui prendront leurs responsabilité», a conseillé le directeur des Affaires économiques de l’Hôtel de ville de Libreville.

«Sachez, leur a-t-il dit, que les responsables municipaux ont déjà envoyés des agents en prison. Ça voudrait dire que nous ne sommes pas complaisants. Mais vous, vous ne dites rien, vous accepter le principe. C’est même vous qui sortez des billets de 1000 francs pour les leur donner. Vous devenez de ce fait leurs complices.»

Selon l’Hôtel de ville, dans moins d’un mois, il ne devrait plus exister de marché anarchique au carrefour des Charbonnages. Les trottoirs devraient être libérés d’ici à la semaine prochaine. Toutefois, les autorités municipales et les commerçants qui se plaignaient de ne pas avoir des clients au marché d’Ambowé ont trouvé un accord : les transporteurs suburbains («clandos») seront tenus d’embarquer et de débarquer les clients sur le nouveau site sur lequel seront orientés les commerçants.