On appréhende de plus en plus, à Libreville, des reptiles en circulation. La dernière découverte du genre remonte au 31 juillet dernier dans le quartier plein ciel où un serpent de plus de deux mètres de long a été chassé et brûlé par les populations. Belle occasion pour revenir sur le serpent à trois têtes de Kango.

Gabonreview.com - Le serpent de plus de deux mètres de long chassé et tué à Plein Ciel, à Libreville - © D.R.

Après la découverte des deux pythons géants, le 30 juillet dernier au quartier PK6 dans le sixième arrondissement de Libreville, notamment un mâle et une femelle, le tour est revenu aux habitants du quatrième arrondissement de faire la rencontre d’un reptile dont la nature reste à déterminer. Selon le quotidien L’union, l’un des reptiles du PK6 a été tué à l’aide d’un fusil de type calibre 12 tandis que l’autre a réussi à s’enfuir dans la nature. Une situation qui ne rassure pas totalement la population dans la mesure où elle ignore la planque de la bête et quand elle pourra refaire une apparition. Car, selon des témoignages concordants, la première apparition de ces deux serpents géants remonterait au mois dernier.

La dernière découverte du genre remonte au 31 juillet dernier dans le quartier plein ciel à Libreville, où les populations ont eu droit à l’apparition, dans la matinée, d’un serpent de plus de deux mètres de long et si gros qu’il a été qualifié de monstre par certains confrères. L’animal qui a causé la panique dans tout le quartier et un embouteillage immense de près de trois heures a été appréhendé et brulé par les populations. «Personne ne sait de quel côté est sorti le reptile», a laissé entendre un habitant du quartier.

Le serpent à trois têtes de Kango

L’éruption de ces reptiles dans les coins et recoins des arrondissements de Libreville, pose un vrai problème d’insécurité, une inquiétude permanente et de nombreuses extrapolations quant à l’origine ou aux raisons qui favorisent ces apparitions répétées. Il arrive parfois que certains titres viennent en rajouter à cette psychose du serpent. Mi-juin dernier, un média local, repris par d’autres, a signalé un serpent à trois têtes à Kango, localité située à une centaine de km de Libreville. Le journal indiquait que l’apparition du curieux reptile entre les deux ponts de Kango a provoqué panique et interrogations auprès des nombreux badauds qui avaient accouru sur les lieux où le serpent restait imperturbable. «Les superstitieux ont estimé que le serpent était un génie porteur d’un message. Les gendarmes et les badauds accourus sur lieux n’ont curieusement rien tenté pour abattre le mystérieux serpent qui a ensuite disparu dans la broussaille, sous le regard hébété d’une foule tétanisée», a-t-on alors indiqué.

Cette scène n’est pourtant jamais arrivée à Kango. Le site Internet hoax-slayer.com, spécialisé dans la traque des canulars sur Internet, indique que l’image publiée par les médias gabonais au sujet du reptile à trois de Kango, circulait déjà sur les réseaux sociaux et dans les e-mails depuis le mois de mars 2012, donc deux mois avant les faits prétendument survenus à Kango. Hoax-slayer démontre d’ailleurs, en publiant la photo originale, qu’un plaisantin «a ajouté des têtes supplémentaires à l’aide d’Adobe Photoshop ou un autre outil de manipulation numérique.» On ne comprend donc pas pourquoi certains médias gabonais, habituellement sérieux, se sont laissé aller à raconter des faits dont les populations de Kango n’ont même jamais entendu parler. D’ailleurs, il n’existe pas de cobras au Gabon. On ne saurait dire que ces journaux ont été manipulés, vu qu’ils avaient eux-mêmes pris le soin de créer un flou sur l’arrière-plan de l’image qui montrait à l’origine des badauds visiblement indiens. Il faut comprendre : au Gabon, le serpent est de toute manière un sujet qui fait vendre.

Gabonreview.com - Le serpent à 3 têtes... et son original - © D.R.

De tout temps en effet, les mythes les plus fous ont circulé sur le compte des serpents tandis que de nombreuses traditions, dont l’une des plus populaires est le Mbumba (génie python), attribuent aux serpents des propriétés ou des caractéristiques liées à la sorcellerie, à la magie noire. L’imaginaire populaire s’en nourrit et chaque apparition de serpent est accompagnée de toutes les extrapolations.