Pour la campagne internationale «Tournons La Page» le projet de modification de la Constitution adopté par le Conseil des ministres du 28 septembre dernier éloigne «encore un peu plus le Gabon d’un avenir démocratique !».

Le projet de révision constitution éloigne «encore un peu plus le Gabon d’un avenir démocratique !». © D.R.

 

Un mois après l’adoption par le Conseil des ministres du projet de révision constitutionnelle, le sujet continue d’interpeller et susciter crainte et désarroi au Gabon et ailleurs. Hors des frontières nationales, la campagne internationale «Tournons La Page» a dénoncé ce projet de révision, le 28 novembre 2017 à Abidjan.

«Le projet de révision constitutionnelle, issu d’un dialogue non représentatif, est un déni démocratique et d’intérêt pour la société civile, l’opposition politique et la communauté internationale. Monsieur Ali Bongo Ondimba souhaite, sous les oripeaux de la légalité, s’assurer de miner tout contre-pouvoir institutionnel», a affirmé Tournons La Page et ses organisations membres. Et ces dernières d’estimer que cette proposition de texte éloigne davantage le Gabon d’un modèle politique démocratique.

En effet, «Tournons La Page» soutient que cette révision constitutionnelle a pour objectif principal de «concentrer davantage de pouvoir entre les mains du président de la République». Pour s’en convaincre, trois des 56 articles proposés en révision parmi 119 articles que compte la Loi fondamentale semblent suffire à cette association. Il s’agit des articles 8, 15 et 78 nouveaux.

«L’article 8 est une remise en cause du principe de cohabitation ou d’alternance. Le 15 exige des membres du gouvernement loyauté et fidélité, non plus à la nation ou aux citoyens, mais directement au chef de l’Etat, tout en obligeant les ministres à le respecter religieusement. Et enfin, l’article 78 du projet de révision de la constitution, entérine l’impunité complète du président de la République qui, après avoir cessé d’exercer ses fonctions, ne peut être mis en cause, poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé pour les faits définis par la loi organique sur la Haute cour de justice», a souligné la campagne internationale «Tournons La Page».