Si elle ne s’était pas encore prononcée sur la question, jusqu’ici, l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa) a assuré que la situation était sous contrôle : «Les consommateurs gabonais peuvent s’alimenter en toute sécurité», a-t-elle affirmé.

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Interpellée sur son mutisme dans le «scandale de la viande avariée au Brésil», l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa) a assuré suivre ce dossier de près. C’est du moins ce qu’a expliqué le patron de cette administration, dans une interview au quotidien L’Union, publiée ce 31 mars. «Nous avons suivi minutieusement le déroulé de ces informations», a affirmé Sylvain Patrick Enkoro.

De fait, plusieurs mesures ont été prises par l’Agasa pour protéger les consommateurs. Après une évaluation, en interne, mettant en lumière des risques réels d’introduction de produits carnés infectés sur le territoire national, l’Agasa a interpellé les opérateurs économiques concernés. Sur le plan administratif, les éléments constitutifs des dossiers de ces opérateurs économiques ont été resserrés.

Dossiers comprenant désormais un bulletin d’analyse microbiologique libératoire pour analyses chimiques ou encore des agréments sanitaires des entrepôts frigorifiques. «En gros, nous avons exigé un ensemble de documents qui nous permet de garantir au mieux la santé des consommateurs», a indiqué Sylvain Patrick Enkoro.

Des mesures tout aussi salutaires ont également été prises par l’Agasa sur le plan pratique, pour endiguer le phénomène de l’introduction des produits dangereux en provenance du Brésil. «En fonction des zones concernées, nous faisons du ciblage dans la suspension des importations des produits carnés en provenance du Brésil», a révélé Sylvain Patrick Enkoro.

A côté de cette mesure, figure en bonne place l’ouverture d’une enquête. «A l’Agasa, il y a une brigade d’enquêtes vétérinaires et phytosanitaires, mise en branle pour pouvoir vérifier de fond en comble l’ensemble des dossiers des importations, pour pouvoir s’assurer que les produits ne sont pas issus d’entrepôts à problème», a expliquéé le directeur général de l’Agasa.

L’agence a également pris le soin de renforcer la surveillance sanitaire des importations de produits carnés ; mais aussi, celui de refouler systématiquement des cargaisons de produits alimentaires carnés flottants (produits dont les commandes ont été lancées et qui sont en voie d’acheminement par voie maritime, ndlr).

«Autrement dit, par rapport aux fournisseurs concernés et aux abattoirs et entrepôts frigorifiques impactés, étant donné que nous les connaissons, nous n’admettrons pas sur notre territoire l’introduction de matières en provenance de ces endroits», a assuré Sylvain Patrick Enkoro. «Nous allons également investiguer pour procéder à la saisie conservatoire de produits présents sur le territoire national», a-t-il ajouté.

A ce jour, l’Agasa dit avoir saisi 27 tonnes de produits alimentaires, qui feront l’objet de prélèvement et d’expédition dans les laboratoires accrédités. «Nous disons aux consommateurs gabonais qu’il n’y a pas lieu de s’alarmer, la situation est sous contrôle. Ils peuvent s’alimenter en toute sécurité», a conclu Sylvain Patrick Enkoro.

Chaque année, pas moins de 70 000 tonnes de produits carnés entrent au Gabon. Le Brésil représente à lui seul 13% de ses importations, ce qui en fait le deuxième exportateur de produits carnés vers le Gabon.