Plusieurs mois après avoir exprimé sa volonté d’y adhérer, le Gabon est depuis quelques jours le 82e Etat membre du Processus de Kimberley.

Le Gabon est le 82e Etat membre du Processus de Kimberley. © D.R.

 

Il aura fallu deux ans pour que le pays y parvienne. Depuis le 14 décembre, le Gabon est le 82e membre du Processus de Kimberley. Son adhésion a été actée à Brisbane, en Australie, dans le cadre de la dernière assemblée générale du Processus. Pour les autorités gabonaises, il s’agit d’une avancée pour une meilleure gestion du secteur minier, et particulièrement de l’exploitation du diamant dans le pays.

«Jusqu’à présent les indices de diamants sont particulièrement répertoriés au Gabon dans les zones de Mitzic, Makongonio, Nzenzelé, Waka et Makokou, situées respectivement au nord et au sud-est du pays, où l’exploitation est limitée à de l’artisanat effectué sans réel contrôle de l’Etat. Un réseau d’achats opère dans l’illégalité et les diamants produits sont exportés vers les pays limitrophes qui leur donnent des certificats de Kimberley, après avoir été déclarés comme production locale. D’où cette nécessité, mais aussi une arme pour notre pays d’être désormais le 82e Etat membre du processus de Kimberley, afin de mettre un terme définitif à toutes ces pratiques néfastes à l’économie de notre pays et ainsi de commencer une collaboration positive entre le gouvernement et les artisans», a réagi le ministère des Mines sur son compte Facebook.

A 12 mois de la prochaine assemblée générale à Bruxelles, Christian Magnagna, qui se doute bien que le Gabon sera observé par les responsables de la plateforme, a exhorté les agents de l’administration dont il la charge de «respecter scrupuleusement la feuille de route de douze mois qui lui a été prescrite par le Secrétariat Permanent du Processus de Kimberley». Le ministre des Mines a également invité les  diamantaires à «prendre dorénavant conscience de l’obligation du respect des lois et dispositions en vigueur, afin que l’exploitation de nos ressources minérales demeure une activité économique qui profite à tous, en toute légalité».

Avant son adhésion, le Gabon a dû mettre en place des outils de gestion conforme au Processus de Kimberley, notamment à travers la formation des évaluateurs gabonais de diamants bruts, l’équipement du futur Bureau des expertises et des évaluations des diamants bruts et l’élaboration d’une nouvelle règlementation de l’exploitation du diamant, avec l’adoption de deux projets de décrets (sur la création du Secrétariat national permanent du Processus de Kimberley (SNPK) et sur les conditions de mise en œuvre du Système international de certification des diamants en République gabonaise).