Les représentants de l’opposition au dialogue politique national disent ne pas avoir oublié les victimes de la crise postélectorale, et appellent les autorités à faire toute la lumière sur la question, précisément sur celle des prisonniers politiques.

Des membres de la commission 4 en travaux, en mai 2017 à Angondjé. © D.R.

 

Ni Bertrand Zibi Abeghe, Landry Amiang, ni les personnes incarcérées pour leur opinion politique ou leur participation à la contestation de la réélection d’Ali Bongo en fin août 2016, n’ont été oubliés par les représentants de l’opposition participants actuellement à la seconde phase du dialogue politique national. C’est du moins ce que tentent de montrer, depuis quelques jours, les membres de la commission 4 traitant de la consolidation de la paix et la cohésion nationale. Dès le 2 mai, le groupe de l’opposition de ladite commission a demandé à inscrire parmi leurs recommandations, la possibilité de demander des comptes au pouvoir en place sur la répression des événements du 31 août 2016.

Lors des débats, les opposants ont estimé qu’il est nécessaire, pour le retour de la sérénité dans le pays, que soit établi et rendu public un rapport exhaustif sur ces événements ayant fait de nombreuses victimes. «Nous avons exigé qu’on nous fasse le point de tous les Gabonais qui ont été libérés, et qu’on nous fasse aussi le point des derniers, à savoir Bertrand Zibi Abeghe, Landry Amiang et l’aide de camp de Jean Ping, victime d’arrestation arbitraire», a confié, mardi 2 mai, Daladier-Hubert Minang Fils, porte-parole du groupe de l’opposition de la commission 4. Pour ce militant de Démocratie nouvelle (DN), le parti de René Ndemzo’o Obiang, l’inscription de ce point parmi les recommandations du dialogue politique fait également partie des préalables énoncés par sa formation politique, peu après l’appel à la concertation d’Ali Bongo. Comme quoi, si certains avaient pensé que DN et d’autres partis de l’opposition ne faisaient plus aucun cas des prisonniers politiques et des victimes de la crise postélectorale, la preuve du contraire leur a été donnée par les membres de la commission 4. C’est du moins ce qu’il semble.

Toutefois, depuis des mois, et plus encore depuis le début des assises d’Angondjé, les autorités gabonaises n’ont pas cessé de nier l’existence de prisonniers politique. Alain-Claude Bilie-By-Nze, le ministre de la Communication, Porte-parole du gouvernement, s’est notamment toujours refusé à voir Bertrand Zibi Abeghe, le député démissionnaire de Minvoul, soutien de Jean Ping à la dernière présidentielle, comme un prisonnier politique. «Bertrand Zibi Abeghe est détenu non pas pour des opinions politiques mais pour des faits qui lui sont reprochés par la justice», avait déclaré le porte-parole du gouvernement le 31 mars 2017, au cours d’une conférence de presse à Angondjé, sans vraiment aborder le cas Landry Amiang, le jeune activiste, dont les post sur les réseaux sociaux étaient critiquesenvers le pouvoir en place.