Après avoir exprimé son appréciation suite au prêt récemment contracté par le Gabon auprès du Fonds monétaire internationale (FMI), Bruno Ben Moubamba s’est attiré les foudres de son patron Emmanuel Issoze Ngondet, qui l’appelle à «la réserve» et à «la solidarité gouvernementale».

© Primature-Gabon

 

Bruno Ben Moubamba, le vice-Premier ministre chargé de l’Urbanisme, s’est une nouvelle fois fait tirer les oreilles, jeudi 22 juin, par son patron. Emmanuel Issoze Ngondet, le Premier ministre, n’a pas du tout apprécié la liberté de ton dont il a fait montre la veille, à la suite du conseil des ministres, notamment au sujet du prêt de 642 millions de dollars récemment approuvé par le FMI au profit du Gabon. Sur sa page Facebook, le VPM avait en effet évoqué son «malaise (…) face aux choix de mettre le Gabon sous tutelle économique» de l’institution monétaire. «L’ACR (Alliance pour le changement et la restauration) n’est pas d’accord avec le Plan d’ajustement budgétaire du PDG car, ce serait une tragédie pour notre pays et l’ACR ne comprend plus la stratégie de l’endettement via la Banque mondiale ou le FMI», a-t-il donné à lire. Il a d’ailleurs annoncé une sortie publique sur la question à son retour de Paris, où il s’est rendu pour préparer le futur Salon international de l’habitat devant se tenir au Gabon dans quelques mois.

Cette démarche un peu cavalière a obligé le chef du gouvernement à rappeler à l’ordre Bruno Ben Moubamba, via un communiqué du Porte-parole du gouvernement. «Cette affirmation est erronée, elle est de nature à mettre à mal la cohésion gouvernementale et constitue une violation flagrante des dispositions de l’article 33 de la Constitution relatives à la solidarité des membres du gouvernement», lit-on dans ce communiqué daté du 22 juin 2017, publié en réponse au post du vice-Premier ministre. Rappelant, au nom d’Emmanuel Issoze Ngondet, que «les fonctions de membre du gouvernement obligent à la réserve et à la solidarité», Alain-Claude Bilie-By-Nze n’a pas manqué d’inviter Bruno Ben Moubamba à s’exprimer «dans les instances appropriées». Pour le Porte-parole du gouvernement, «la rue et les réseaux sociaux ne sauraient être le réceptacle des points de vue que l’on n’a pas émis durant la tenue des instances gouvernementales».

Pour toute réponse au communiqué du gouvernement, sur sa page Facebook, Bruno Ben Moubamba s’est interrogé sur l’absence, dans le communiqué final du conseil des ministres, de l’adoption du Schéma d’aménagement urbain (SDAU) du Grand Libreville. Pour lui, le communiqué du Porte-parole du gouvernement aurait dû expliquer pourquoi cette adoption n’apparaît pas comme premier point de la Politique générale sur le communiqué ayant sanctionné les travaux du conseil des ministres. Une belle marque d’indocilité !

S’agissant du prêt approuvé par le FMI, le ministre de la Communication a tenu à préciser que l’accord conclu «découle du Programme de relance économique (PRE) adopté par le gouvernement». «Les négociation qui ont engagé l’ensemble du gouvernement ont abouti à un appui budgétaire à travers lequel le PRE bénéficiera de l’expertise du FMI et des autres institutions multilatérales pour sa mise en œuvre.»