Suite à l’invalidation par la Cour constitutionnelle du Kenya de l’élection présidentielle du 8 août, pour cause d’irrégularités, Jean Ping a salué, le 1er septembre, une avancée considérable de l’Afrique anglophone.

Jean Ping. © jeanping.org

 

Jean Ping a loué la décision de la Cour suprême du Kenya pour avoir invalidé, le 1er septembre, l’élection présidentielle remportée selon les premiers résultats par le chef de l’Etat sortant, Uhuru Kenyatta, avec 54,27 % des suffrages.

Saisie le 18 août par l’opposant Raila Odinga, crédité de 44,74 % des suffrages, la Cour suprême a annulé les résultats du scrutin du fait de nombreuses irrégularités. Selon son président, David Maraga, le scrutin «n’a pas été conduit en accord avec la Constitution». A cet effet, il ordonné la tenue d’une autre élection dans un délai de 60 jours.

Cette décision historique d’une Cour suprême africaine constitue pour Jean Ping, «une grande avancée pour les pays de l’Afrique anglophone». Sur les antennes de Radio France internationale (Rfi), l’ancien candidat à l’élection présidentielle d’août 2016 au Gabon a affirmé que l’Afrique anglophone «vient de montrer un bel exemple de la neutralité de la liberté de la justice».

Cet exemple, a souhaité Jean Ping, «devrait inspirer les pays de l’Afrique francophone». A travers cette déclaration, l’ancien président de la Commission de l’Union africaine fait sans doute allusion aux péripéties ayant émaillé la présidentielle d’août 2016 et à laquelle il était candidat.

Cette élection avait été entre autres marquée par un score sans appel de 95 % de suffrages exprimés en faveur du candidat Ali Bongo, dans la province du Haut-Ogooué, avec un taux de participation de 99%. Le score ubuesque de cette province, d’où est originaire Ali Bongo,  a permis au président sortant de devancer Jean Ping de quelque 5000 voix au niveau national, sur environ 325 000 électeurs.

Estimant que ces résultats étaient truqués, Jean Ping avait, comme l’opposant Raila Odinga du Kenya, introduit un recours auprès de la Cour constitutionnelle. Après examen, la Cour avait non seulement rejeté son recours, mais avait en plus invalidé les résultats de plusieurs  bureaux de vote, notamment 21 à Libreville, supposés gagnés par l’opposant et confirmé la victoire d’Ali Bongo avec 50, 66 % des suffrages.