Télesphore Obame Ngomo digère mal la publication par RFI, de la lettre de félicitations de Jean Ping à Emmanuel Macron. Dans un post sur Facebook, ce 9 mai, il a ainsi plaidé pour le retrait du pays, de la fréquence du média français, accusé de «vouloir déstabiliser notre pays en méprisant ses institutions».

Télesphore Obame Ngomo, le 21 décembre 2016. © Gabonreview

 

«Le vrai débat est là : Faut-il dégager RFI de notre pays ?» C’est en ces termes que Télesphore Obame Ngomo a commencé son post publié sur la page Facebook du groupe satirico-politique, Infos Kinguélé, ce 9 mai. Ayant ardemment battu campagne pour Ali Bongo, le président du mouvement Honneur et Dignité digère mal la publication de la lettre de félicitations de Jean Ping à Emmanuel Macron.

«Depuis la dernière élection présidentielle, la Radio France Internationale (RFI) qui est un bras armé de la Françafrique ne cesse d’afficher des comportements qui méprisent la souveraineté de notre pays», a pesté Télesphore Obame Ngomo avant de demander : «Où est la pertinence de publier les félicitations de Jean Ping, candidat malheureux à la dernière élection d’août 2016, à Emmanuel Macron ?».

Quelques heures avant le post de l’inconditionnel d’Ali Bongo, le site Internet de RFI a publié l’article «Gabon : le «président élu» Jean Ping écrit à Emmanuel Macron». Une publication dans laquelle le média français note : «L’opposant considère avoir gagné la présidentielle du 27 août 2017, et a écrit dès dimanche soir à M. Macron pour le féliciter, en qualité de président élu».

Ce que n’a visiblement pas cautionné Télesphore Obame Ngomo. D’où son post de recadrage à RFI. Ce dernier a considéré, en effet, que l’article du média français est «une pression indirect ou psychologique qui veut s’abattre sur Ali Bongo Ondimba qui refuse que notre pays soit continuellement la vache à lait d’individus mafieux en col blanc».

Tout comme il perçoit également la publication de RFI comme «une manière habile de vouloir déstabiliser notre pays en méprisant ses institutions. Et on voit bien que c’est la suite logique de l’élection présidentielle : sauver coûte que coûte le soldat chinois».

Et Télesphore Obame Ngomo de conclure, un brin alarmiste et provocateur : «A ce jeu nous disons ici et maintenant : le Gabon ne sera pas le Rwanda. 2017 ne sera 1994. La Françafrique mourra de sa belle mort et son squelette incinéré sera jeté dans la Seine et non dans l’Ogooué». Un post largement commenté sur les réseaux sociaux. Par ailleurs, pas sûr que ce genre de sortie participe à l’embellie du Gabon dans le classement en matière de liberté de la presse.