A la suite des débats en session plénière lancés un jour plus tôt, le parlement européen a adopté, le 2 février, une résolution sur la crise politique au Gabon et en République démocratique du Congo. Pour le cas du Gabon, les députés européens dénoncent des résultats «non transparents et hautement douteux» au terme de la présidentielle d’août 2016.

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Attendue par une partie de l’opposition, particulièrement par Jean Ping et ses soutiens qui continuent de contester la réélection d’Ali Bongo, la résolution du Parlement européen a été adoptée à main levée, le 2 février, par 553 députés sur 647. Les élus européens n’ont pas été tendres avec les autorités gabonaises, qu’ils ont accusé de fraudes lors de l’élection présidentielle du 27 août 2017.

Un mois après la publication du rapport final de la Mission d’observation électorale de l’Union européenne (MOE-UE) au Gabon, les députés qui avaient déjà regretté des irrégularités dans les résultats officiels de ce scrutin sont, en effet, restés sur leur jugement. Ils soutiennent que ces résultats sont «non transparents et hautement douteux». Ce qui les a une nouvelle fois amenés à questionner la légitimité du président gabonais, donné vainqueur par la Cour constitutionnelle en septembre 2016 après avoir rejeté les recours des adversaires du candidat du Parti démocratique gabonais (PDG), à l’instar de son principal challenger Jean Ping.

Face à ce constat, et pour tenter de minimiser de nouveaux risques de fraudes lors des prochaines élections politiques au Gabon, la résolution du parlement européen exhorte le gouvernement gabonais à «mener une réforme approfondie et rapide du processus électoral pour l’améliorer et le rendre pleinement transparent et crédible». Tout comme elle exhorte le pouvoir de Libreville à gouverner «dans le strict respect de la primauté du droit».

Les violences enregistrées lors de la contestation de la réélection d’Ali Bongo n’ont pas manqué de préoccuper «profondément» les députés, qui réclament désormais des enquêtes exhaustives, approfondies et transparentes sur les allégations de violations graves des droits de l’homme au Gabon depuis fin-août 2016. La résolution condamne également l’intimidation et les menaces qui pèsent contre les membres de la mission d’observation électorale de l’Union européenne, dirigée par la députée bulgare Mariya Gabriel. Pour ce qui est des sanctions ciblées demandées par certains députés, les jours qui viennent devraient être déterminants.