C’est en résumé la position du Parti social-démocrate (PSD) de Pierre-Claver Maganga Moussavou, qui nie aux 41 partis de l’opposition le droit d’examiner les candidatures et d’élire le président du futur Centre gabonais des élections (CGE).

Séraphin Ndaot Rembogo (PDS), Pierre-Claver Maganga Moussavou (PSD) et René Ndemezo’o Obiang (DN) ont récemment déposé leur liste de représentants au CGE. © D.R.

 

Le PSD n’en démord pas. Le parti de Pierre-Claver Maganga Moussavou continue de nier le droit des 41 partis de l’opposition ayant transmis au ministre de l’Intérieur la liste de leurs représentants à prendre part à l’une des deux commissions chargées d’examiner les candidatures et d’élire le président du CGE. Ils auraient dû participer au dialogue d’Angondjé. C’est en tout cas ce qui ressort du droit de réponse paru dans L’Union ce jeudi 12 avril.

Dans le quotidien, le parti du vice-président de la République s’étonne des critiques exprimées par ses camarades de l’opposition après qu’il ait décidé de transmettre au ministre de l’Intérieur la liste de ses représentants aux côtés du Parti pour le développement et la solidarité sociale (PDS) de Séraphin Ndaot Rembogo et de Démocratie nouvelle (DN) de René Ndemezo’o Obiang. S’ils ont décidé d’agir à l’écart des autres, c’est parce que le Protocole d’accord entre les parties prenantes au dialogue politique d’Angondjé est clair : «les dispositions issues de celui-ci n’engagent que les signataires». Ce sont les dispositions des articles 262 à 264 qui le disent.

Or, n’ayant pas signé ledit protocole, les 41 prétendants seraient tout simplement mis sur la touche. La plupart avaient refusé de prendre part aux assises d’Angondjé, parce que refusant, disaient-ils alors, de «légitimer le pouvoir d’Ali Bongo».

«De notre point de vue, tout le monde peut se présenter aux futures élections, qui seront organisées sur la base des réformes adoptées à Angondjé, mais seules les formations politiques signataires peuvent être : membres des organes en charge du contrôle et du suivi-évaluation des actes du dialogue ; membres des deux commissions chargées d’examiner les candidatures et élire le président du CGE ; membre du bureau du CGE», a expliqué le PSD.

La seule possibilité pour les partis n’ayant pas officiellement approuvé les actes du dialogue d’Angondjé reste donc, selon le parti de Pierre-Claver Maganga Moussavou, leur présence au sein du CGE en tant que «membres de l’assemblée plénière». «Seuls les signataires des Accords sont mieux imprégnés des débats qui ont conduit à leur adoption et des dispositions y relatives», a indiqué le PSD.

Le parti a osé la comparaison : «Dans le cadre du droit international, les pays n’ayant pas ratifié le Statut de Rome entérinant la naissance de la CPI [Cour pénale internationale] ne peuvent prétendre y siéger.»