En prélude au dialogue national, l’homme d’église et porte-parole de la majorité entend consacrer la 3e édition de la Convocation solennelle de prière nationale à la «réconciliation». Cette session de prière est supposée apaiser les cœurs avant les assises appelées par Ali Bongo.

Guy Christian Mavioga, président de l’Association confédératrice Gabon pour Jésus Christ. © Gabonactu.com

 

Annoncée pour le 1er février prochain au gymnase d’Oloumi à Libreville, la 3ème édition de la Convocation solennelle de prière nationale (CSPN) aura une particularité : celle de préparer le pays aux assises appelées par Ali Bongo, pour tenter de trouver des solutions à la crise sociopolitique issue de sa réélection en fin-août 2016. Cette session de prière devant avoir pour invité principal le docteur Daniel Olukoya, spécialiste nigérian de la délivrance et de la démonologie, sera organisée sous le thème de «la réconciliation». Il s’agira de «réconcilier le Gabon avec lui-même et avec Dieu».

Selon Guy Christian Mavioga, président de l’Association confédératrice Gabon pour Jésus Christ, initiatrice de ce rendez-vous, l’objectif est d’apaiser les cœurs des Gabonais avant le dialogue national. Une façon de mettre ces assises dans les mains de Dieu, pour leur donner des chances d’aboutir à des résultats satisfaisants pour les Gabonais de tous bords. Le programme, a annoncé le Secrétaire général exécutif du Bloc démocratique chrétien (BDC) et porte-parole de la majorité, comprend trois jours de jeûne national à compter du 29 janvier. Ce jeûne «permettra au peuple gabonais de se dépouiller du vieil homme et d’être en état de grâce pour que Dieu agisse de manière puissante sur notre pays et nous-mêmes». Au dernier jour du jeûne, Guy Christian Mavioga et ses invités entendent «renverser les autels de la haine viscérale, de la sorcellerie et de tous les maux qui minent notre pays».

Si près de cinq mois après les émeutes liées à la contestation populaire de la réélection d’Ali Bongo ont encore des traces dans le climat sociopolitique actuel, pour les organisateurs de cette veillée de prière, le but est d’amener les uns à reconnaître leurs fautes, à les confesser, et les autres à pardonner. Toutefois, une semaine avant sa tenue, l’on est moins certain que l’initiative soit bien accueillie par tous. Lors de la dernière édition, des hommes d’église, à l’instar de Georges Bruno Ngoussi de l’Eglise internationale de Nazareth, avaient accusé les organisateurs d’avoir reçu de l’argent de la présidence de la République pour l’organisation de la même prière. «Ceux qui vont prier le 1er février ne vont pas prier Dieu. (…) Dieu a déjà tout donné au Gabon, il lui a montré la voie à suivre. Il reste aux Gabonais de mettre en œuvre ses enseignements s’ils veulent sortir de cette situation de trouble», avait alors indiqué l’opposant, ancien candidat à l’élection présidentielle de 2009.