Au fil des années, des structures chargées du suivi des élèves en classe d’examen après les heures de cours, à domicile ou dans les lycées et collèges, ont prospéré à Libreville. Si certains «Prépa» sont plébiscités pour leur savoir-faire, la grande partie de ces structures s’ébattent dans des zones interlopes.

.© BacTech Gabon

 

A Libreville comme à l’intérieur du pays, de nombreux «Prépa» bac ou BEPC se multiplient avec l’ambition d’aider les élèves à mieux comprendre les matières enseignées régulièrement en classe. «Le fait de suivre nos stages de préparation pour le Bac ou pour le BEPC permettra au lycéen d’assimiler plus rapidement le programme de 3e ou de Terminale, de commencer très tôt ses révisions et d’appréhender les épreuves de manière plus sereine», explique un enseignant de collège ayant ouvert son «Prépa».

La route vers les Prépa s’achève souvent au stand des jeux vidéos pour certains élèves. © Gabonreview

Les promoteurs assurent accompagner, pas à pas, les apprenants dans la préparation de leur examen, comme le suggère cette réclame : «Contenu des épreuves, conseils pour réviser efficacement, sujets et corrigés des années précédentes pour s’entraîner : autant d’outils pour être au top le jour J et réussir haut la main !». Si certains y trouvent leur compte, nombre de clients sont désabusés et assimilent ces «fabriques de diplômés» à des lieux de «déperdition».

«Comment pouvez-vous comprendre que l’enseignant fait et corrige les devoirs qu’il va donner en classe avec ses élèves du Prépa ?», s’est interrogé la maman d’une fille fréquentant l’une de ces structures. Et cette dernière d’ajouter : «C’est de la triche et ce sont encore des classes de 20 à 30 élèves par classe». Avec cette méthode, poursuit-elle, «les élèves, même ceux qui s’en sortent quotidiennement, se sentent obligés de s’inscrire dans ces structures. Et ce sont des gouffres à sous».

En effet, si l’objectif est d’aider les enfants à mieux préparer leurs examens de fin de cycle, les «Prépa» sont devenus de véritables PME à la recherche du profit.

Pour ces classes reconstituées après les cours, débutant généralement en soirée, chaque élève débourse environ 30.000 francs CFA par mois, pour deux à trois séances d’une heure et demi par semaine. Malheureusement, les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous. Beaucoup d’enseignants qui y exercent, selon le constat d’un proviseur, n’ont pas toujours le niveau requis pour enseigner.

Pour la plupart de ces «promoteurs», le Prépa est un filon porteur, rentable et facile à mettre en place. Résultat des courses, l’arnaque s’installe avec, en prime, une perte de temps, d’argent et au final, des échecs cuisants.