Présenté à l’opinion nationale fin-2016, le Plan de relance économique (PRE) vient de boucler sa première année de mise en œuvre. L’occasion pour le Premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet, d’organiser une rencontre spéciale avec les responsables des médias, le 26 avril dernier. But de la manœuvre : tirer le bilan de l’année d’amorce et réexpliciter la trame du programme.

Emmanuel Issoze Ngondet, le 26 avril 2018, à Libreville. © Primature-Gabon

 

Pour rappel, le Plan de relance économique (PRE), présenté à l’opinion fin-2016, comporte trois principaux objectifs stratégiques : le rétablissement de l’équilibre des finances publiques, en vue de faire  rimer recettes et dépenses ; l’accélération de la diversité de l’économie nationale, afin de briser la dépendance de l’économie gabonaise du secteur pétrolier qui place le pays, depuis des décennies, à la merci des fluctuations des marchés pétroliers avec les conséquences connues de tous depuis 2015, suite à la décrue du cours du pétrole, et réduire la pauvreté afin qu’un nombre important de Gabonais puisse profiter des retombés de l’économie du pays.

Instantanés de la cérémonie de «Suivi du Plan de relance économique (PRE), le 26 avril 2018, à Libreville. © Gabonreview/Primature-Gabon

Objectif n°1

Selon Issoze Ngondet , en considérant le contexte de départ, 2014-2015, le bilan pour une année du PRE «ne peut être considéré objectivement que positivement. Nous admettons tout de même que les efforts importants restent à faire pour remettre définitivement le pays sur le chemin d’une croissance dynamique et naturellement plus vertueuse

On note, en effet, au sujet du 1er objectif, que les finances publiques sont en cours de rééquilibrage : le déficit budgétaire global «se situe aujourd’hui à 3,6% du PIB de même notre niveau d’endettement a été ramené à un niveau soutenable en le portant à 59% du PIB, nous atteignons avant le terme, l’objectif que nous nous étions fixé à savoir : un endettement plafonné à 60% du PIB», explique le Premier ministre, avant de souligner que des «économies de l’ordre de 68 milliards ont été réalisées à travers une stratégie de contraction remarquable de dépenses courantes et de la masse salariale. Et nous a également aidé à améliorer notre situation budgétaire».

Objectif n°2

 Visant la diversification de l’économie, Emmanuel Issoze Ngondet note que la résilience de l’économie gabonaise a été confortée grâce au maintien d’une croissance de 0,2% du PIB. «Elle est faible, mais elle est positive», a-t-il indiqué, précisant que certaines extrapolations laissaient entrevoir une croissance négative durant la première année d’exécution du PRE. Globalement, une croissance positive de l’ordre de 0,8% a été réalisée, alors même que, lors de la cérémonie de présentation de vœux au président de la République, le Premier ministre lui-même avait annoncé que 2017 serait «une année extrêmement difficile».

Autrement dit, la récession a été évitée au Gabon, contrairement à bien de voisins de la sous-région. «C’est une dynamique qui a favorisé la création d’environ 2000 emplois particulièrement dans le secteur agricole», a indiqué le chef du gouvernement.

Objectif n°3

Ce troisième pan du triptyque que parait être le PRE concerne «la réalisation progressive des mesures d’urgence prises par le président de la République lors de ses vœux à la nation en décembre 2017. Ce plan d’urgence qui comprenait un certain nombre de mesures à fortes vocations sociales et qui sont de nature à impacter positivement le quotidien des Gabonais», a rappelé le Premier ministre.

Ainsi, deux mesures jugées emblématiques ont été déjà été lancées : la gratuité des frais d’accouchement et le lancement du Fonds initiative départementale (FID). «Le chef de l’État a pu lui-même constater l’avancée dans la mise en œuvre des mesures relatives à la gratuité de l’accouchement. Il a visité pour ce fait plusieurs structures hospitalières qu’il s’agisse de Libreville ou de Franceville et il a également pu se rendre compte du lancement effectif de la création des salles d’informatique dans les divers établissements, en visitant le lycée d’excellence de Franceville

Et pour la suite ?

Naturellement, le chef du gouvernement laisse entrevoir qu’il ne se contentera pas des réalisations de l’an 1 du PRE, le programme devant s’étaler sur trois années. Soulignant que «malgré ce tableau optimiste, il y a lieu de souligner quelques raisons d’amener le gouvernement à redoubler d’efforts, de maintenir la vigilance afin de garder le cap», il annonce la couleur, pour les deux années restantes, et dans bien de domaines.

Il s’agira avant tout de l’optimisation des recettes par la création d’un office gabonais des recettes. Cette structure  devrait aider «à réorganiser nos capacités de collecte et à mutualiser les ressources, à travers la mise en valeur commune des expertises des agents des douanes et des impôts», explique le locataire de l’immeuble du 2-Décembre. Et d’indiquer qu’en même temps, les membres concernés de son équipe devront travailler à l’amélioration du climat des affaires. Car, «Le système judiciaire gabonais tel qu’il s’exprime ou configurer aujourd’hui ne répond pas à cette configuration-là. Donc il y a une forte demande de la part des milieux d’affaires pour restructurer notre système judiciaire et y mettre des mécanismes appropriés qui naturellement seront mis à contribution dans la résolution des différents impliquant les milieux d’affaires».

L’équipe Issoze Ngondet doit donc continuer de s’attaquer au déficit budgétaire afin de faire coïncider les dépenses avec les capacités réelle du pays en recettes ; s’atteler à la réduction de la masse salariale, chiffrée  à plus de 720 milliards de francs CFA par an, l’objectif étant, selon lui, «de ramener les dépenses progressivement à un niveau soutenable qui sera en dessous de 700 milliards de francs annuels». Il s’agira également de réduire «les dépenses liées à la gestion des services publics personnalisés», mais aussi de restructurer le système bancaire public (Banque gabonaise de développement -BGD-, Banque de l’habitat du Gabon -BHG) dont es limites ont largement été prouvées. La restructuration de ces entités bancaires leur permettra d’accompagner le gouvernement dans le financement du développement.

Sans vraiment conclure, puisque l’exposé introductif ouvrait sur un débat avec la presse, le premier ministre a résumé : «Le PRE est sur trois ans et la première année nous a permis de fixer les fondamentaux de ces programmes-là. Durant la deuxième année, il faut aller plus loin pour qu’au terme de la période retenu pour le PRE, nous aillions atteint les objectifs fixés