Si elle s’est félicitée de la baisse des coûts des prestations de Bolloré au port d’Owendo, le 20 juillet à Libreville, l’association à but non lucratif a parallèlement annoncé une plainte contre le groupe français. Une action motivée par le «préjudice causé aux consommateurs gabonais».

Aimery Bhongo-Mavoungou pendant sa conférence de presse, le 20 juillet 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

Quelques moments de la conférence de presse. © Gabonreview

S’appuyant sur la récente baisse des coûts de prestation de Bolloré au port d’Owendo, l’ONG Time a décidé de porter plainte au groupe français pour le «préjudice causé aux consommateurs gabonais». C’est en substance ce qu’a annoncé le président de cette association à but non lucratif, le 20 juillet à Libreville. «Trouvez-vous normal que Bolloré baisse ses prestations de près 40% du jour au lendemain ?», a interrogé Aimery Bhongo-Mavoungou.

Pour Aimery Bhongo-Mavoungou, cela signifie que pendant tout ce temps, depuis 2007, le groupe exagérait ses tarifs d’au moins 40%. «Nous estimons donc qu’il y a un abus comme nous n’avons pas cessé de le marteler. Les Gabonais ont encore été une fois exploités», a déploré l’avocat. La baisse des coûts d’acconage, de manutention et de transit de Bolloré découle de l’arrivée d’un nouvel opérateur au port d’Owendo.

En arrivant, cette société a cassé les prix de 25%, obligeant Bolloré à s’aligner sur le prix de ses prestations. Résultat des courses : les prix de certains produits de base auraient baissé selon lui dans les grandes surfaces. «Voilà pourquoi nous avons décidés de déposer une plainte contre Bolloré au nom de notre organisation. Bolloré devra réparer le préjudice causé au consommateur gabonais en lui faisant payer trop cher, les produits de première nécessité», a réitéré Aimery Bhongo-Mavoungou.

Ce dernier s’est par ailleurs réjoui de cette baisse des coûts des prestations portuaires. «Notre démarche a donc porté des fruits», a déclaré Aimery Bhongo-Mavoungou. Depuis 2007, en effet, l’ONG Time s’attaque à la convention de la gestion des ports signée en 2007 entre l’Etat gabonais et Bolloré. «L’Afrique participe à 20% dans le chiffre d’affaires du groupe Bolloré. Mais avec ces 20%, l’Afrique contribue au bénéfice de Bolloré à hauteur de 80%. Trop c’est trop : cela doit cesser», a réaffirmé l’avocat.

Dans son combat, l’ONG Time entend fédérer le plus grand nombre à sa cause. «Nous avons besoin de tous les Gabonais pour mener ce combat. Ce n’est pas le combat des hommes politiques. Car jusqu’ici, ces derniers n’agissaient pas dans cette affaire. Il a fallu que nous nous levions et prenions les choses en main pour que le gouvernement soit interpellé et réagisse», a déclaré le président de l’ONG.

Dans le prolongement de son action, l’ONG Time a également annoncé une plainte dans le dossier des «Biens mal acquis». «Nous allons nous constituer partie civile. L’argent pris par le clan Bongo pour acheter des logements en France et ailleurs doit revenir au peuple gabonais. Car nous avons compris que les Français initient des actions pour récupérer cet argent et nous spolier davantage», a affirmé Aimery Bhongo-Mavoungou.

L’avocat a aussi porté plainte aux personnalités françaises identifiées comme bénéficiaires des largesses d’Omar Bongo. «Tout le clan Bongo devra répondre de ces actions ayant appauvri les Gabonais. Robert Bourgi et toutes personnes ayant publiquement reconnues avoir reçu de l’argent d’Omar Bongo devront répondre de leurs actes», a-t-il dit. «Car cela s’appelle de la corruption d’agents publics étranger et recel de corruption d’agents publics étrangers et complicité de détournements de deniers publics», a conclu le président de l’ONG. Autant d’actions dont l’issue favorable est vivement attendue par les détracteurs de Bolloré.