De production artisanale, les chips de banane plantain, les croquettes de farine de blé et les arachides grillées sont, depuis un bon moment, proposés à la vente dans les grandes surfaces commerciales du centre ville de Port-Gentil. Une initiative de Denise Mabiala méritant d’être encouragée.

Petits hors d'œuvre Denise Mabiala

 

A Port-Gentil, lors des appétitifs officiels et privés, il n’est pas rare d’être servi par des  hôtesses des chips de banane plantain, des croquettes aux multiples parfum et arachides grillées produits localement. Mais nombreux ignorent qui se cachent dernière cette production artisanale prisée par les port-gentillais.

Denise Mabiala, 50 ans, est l’initiatrice de la présence de ces produits dans les grandes surfaces de la capitale économique. «J’ai appris à faire des croquettes et beignets à base de farine de blé depuis mon jeune âge auprès de  ma grande sœur. A l’âge de 17 ans, j’ai commencé à voler de mes propres ailes. Je fais aussi la cuisine africaine. Les premières commandes venaient des particuliers pour les anniversaires, mariages, baptêmes et autres évènements de réjouissance», explique-t-elle.

PME gabonaise agroalimentaireIl n’y a que cinq mois pourtant qu’elle a accédé aux nouveaux débouchés que sont pour elle les grandes surfaces commerciales de la ville. «C’est un beau frère que m’a conseillée d’aller proposer mes produits aux grands magasins. Au départ, je ne croyais pas qu’ils seront acceptés à cause des nombreux produits en provenance de l’Europe et qui sont très prisés. J’ai commencé par proposer 200 pots et au fil des jours la demande est devenue plus importante», raconte Denise Mabiala.

Pour satisfaire cette forte demande, elle se fait aider par quatre de ses enfants et la production reste artisanale. «Mes enfants m’aident à couper la banane mure en rondelle et la pâte de farine de blé en petite pièce avant de réaliser les fritures des croquettes aux saveurs de fraise, vanille, ananas ou orange. Tout se fait à la main et nous devenons produire 300 pots par semaine. Mais cela peut aller jusqu’à 900 pots quand la demande est forte. Pour l’arachide, c’est le même travail laborieux. Tous ces aliments sont cuits au feu de bois», précise la créatrice de Chips Banane.

Les responsables des magasins visités sont satisfaits de cette production qui, selon eux, est à encourager. «Denise fait du bon travail. Ses pots ne font que quelques jours sur nos rayons. La population de Port-Gentil en raffole. C’est dans le souci de diversifier nos produits pour satisfaire notre clientèle que nous avons tenté cette nouvelle expérience. Ce qui nous craignons, c’est la rupture brusque de la livraison parce qu’on le sait, c’est une production artisanale», fait remarquer un patron européen de superette.

Des nombreux consommateurs apprécient la qualité du produit. «Je ne savais pas que c’était une gabonaise qui est derrière cette affaire. Il est bien vrai que le contact du fournisseur est marqué sur le pot. Moi, c’est le contenu qui m’intéresse, c’est croustillant et ça a bon gout. Bravo pour elle !», félicite Anne Marie Pichard, une cliente interrogée devant le rayon de ces produits du cru.

Un exemple qui devrait faire école pour les jeunes filles mères à la recherche d’un emploi. Denise mérite d’être appuyée financièrement par les banques et bailleurs de fonds afin de développer son activité en petite et moyenne entreprise qui pourrait offrir de l’emploi à quelques jeunes désœuvrés. Mais que pensent donc les initiateurs du NYFA de ce genre d’initiative ?