Semblant refuser de respecter les clauses du contrat signé avec l’Etat gabonais et les deux groupes, l’Office des ports et rades du Gabon aurait récemment exigé de Bolloré et d’Olam qu’ils lui reversent directement l’argent récolté au port d’Owendo.

Le New Owendo International Port (NOIP). © Gabonactu.com

 

C’est une affaire qui pourrait prendre une dangereuse tournure pour l’Etat gabonais que La lettre du continent révèle cette semaine. Alors que le pays a vu des partenaires de longue date réduire, voire cesser leurs activités sur le territoire national, il joue à se faire peur, en mettant sous pression ceux qui, comme Bolloré poursuivent leurs activités en dépit de la morosité des affaires, notamment au port d’Owendo.

Selon nos confrères, en mi-juin courant, le groupe industriel français, exploitant principal du port d’Owendo, ainsi que le groupe singapourien Olam ont reçu de l’Oprag un courrier dans lequel celui-ci leur demande «de lui reverser directement les sommes et taxes perçues dans le cadre de l’exploitation du port». L’initiative de la structure publique dirigée par Sayid Abeloko est d’autant plus étonnante qu’elle montre clairement le refus des autorités gabonaises de s’en tenir aux clauses du contrat signé entre l’Etat et le groupe Bolloré, d’abord en 2007 puis en 2017 au moment de la cession pour un montant de 95,7 milliards de francs CFA du nouveau port d’Owendo, construit par Olam et cédé au groupe français qui menaçait de saisir un tribunal arbitral contre le Gabon.

Le courrier de l’Oprag, croit savoir La lettre du continent, se justifie par le fait que les responsables de la structure perçoivent mal les nombreuses exonérations de taxes accordées à Bolloré dans le cadre du contrat de 2017. Seulement, l’industriel français ne compterait pas se laisser faire. A défaut de brandir de nouvelles menaces à l’encontre de l’Etat gabonais, Bolloré, appuyé par Olam, travaillerait ces derniers jours en vue d’apporter sa réponse à l’Oprag qui, lui aussi, se serait armé de deux poids lourds du Barreau de Paris : Jean-Paul Poulain et Olivier Cren, conseillers de l’Etat gabonais dans les «affaires» Veolia et Eramet.