La justice a tranché le 29 novembre, dans l’affaire opposant l’ancienne première dame à Pierre Péan. Déboutée par le tribunal de première instance de Paris, Patience Dabany a été condamnée à verser plus de 1,3 million de francs CFA à l’écrivain français, au titre des frais de justice.

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Le tribunal de grande instance de Paris a rendu son verdict dans l’affaire opposant l’écrivain français Pierre Péan à Patience Dabany, mère du président Ali Bongo. Le 29 novembre, en effet, l’ex-première dame a été déboutée par la justice française et condamnée à verser 2000 euros (plus de 1,3 million de francs CFA) à Pierre Péan au titre des frais de justice.

Née Joséphine Nkama, Patience Dabany réclamait la condamnation du journaliste et 80 000 euros (plus de 52,4 millions de francs CFA) de frais de justice et de dommages et intérêts, en réparation du préjudice moral suite un à un dossier publié dans l’hebdomadaire français Marianne, en juillet 2016. Dans le dossier, figuraient deux articles.

Dans le premier, intitulé «La stérilité de Joséphine et la diplomatie israélienne», le journaliste avançait que Joséphine Nkama aurait consulté des pontes en gynécologie, en France et en Israël, à la fin des années 1970 pour «vaincre sa stérilité». Dans l’autre article, «Ali Bongo le faussaire», Pierre Péan exposait que l’actuel chef de l’Etat gabonais n’était pas le fils biologique d’Omar Bongo, mais un enfant biafrais adopté par le couple Omar Bongo-Joséphine Nkama. Et qu’en conséquence, Ali Bongo ne remplissait pas les conditions constitutionnelles qui imposaient aux candidats d’être gabonais de père et de mère pour briguer la présidence.

Dans son assignation, la requérante a estimé que «lui imputer une supposée stérilité et évoquer son recours à un médecin israélien réputé constituaient des atteintes intolérables à son droit au respect de la vie privée». Le tribunal de grande instance de Paris a estimé que les propos attaqués ont déjà «été portés à la connaissance du public dès 1983».

A cette date, en effet, Pierre Péan avait déjà développé sa thèse dans son livre Affaires africaines. Bis repetita en 2014, l’auteur a remis au goût du jour sa thèse dans le livre Nouvelles affaires africaines, contestant à nouveau la filiation biologique d’Omar et Ali Bongo. «Des faits (…) déjà divulgués, ne peuvent constituer une atteinte à la vie privée, même si la divulgation est le fait même de la personne ayant à nouveau diffusé l’information», a rappelé le tribunal de première instance de Paris.

Selon le jugement, «la fausseté alléguée des informations est sans effet» car l’article du code civil sur le droit au respect de la vie privée suppose que l’information, objet du litige, n’ai jamais «fait l’objet d’une diffusion publique». De même, «la personne mise en cause peut toujours opposer un démenti si elle estime que les faits évoqués sont inexacts», a tranché le tribunal de première instance de Paris.

«Un jugement logique», a confié à RFI, l’avocat de Pierre Péan, Me Jean-Yves Dupeux. L’avocate de la plaignante, Me Claude Dumont-Beghi, quant à elle, a indiqué qu’elle allait faire appel.