A la suite de sa première victoire judiciaire contre Maixent Accrombessi, le journaliste-écrivain français a émis des doutes sur la capacité d’Ali Bongo à arriver au bout de son second mandat.

Pierre Péan, le 4 février 2009 en France. © AFP/MIGUEL MEDINA

 

Tout comme Jean Ping, il y a quelques jours, Pierre Péan doute de la capacité d’Ali Bongo à arriver jusqu’au terme de son second mandat. Moins précis que l’opposant qui a affirmé que le président de la République aura quitté le pouvoir d’ici à 2018, le journaliste-écrivain français ne pense pas moins que tout est réuni pour que cette éventualité se matérialise. Et l’élection d’Emmanuel Macron, le 7 mai en France, n’arrangerait rien selon lui. «Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne nouvelle pour l’ex-président Ali Bongo», s’est-il prononcé dans une interview, lundi 22 mai, à l’hebdomadaire L’Aube.

Si Pierre Péan se représente déjà Ali Bongo comme «l’ex-président» du Gabon, bien qu’étant au pouvoir, c’est parce que, a-t-il dit, «il n’est pas élu, il n’est pas le président». «Pour moi, le vrai président c’est Jean Ping», a soutenu le journaliste-écrivain qui s’est dit préoccupé par «la situation absolument catastrophique» qui prévaut ces derniers mois au Gabon. «Je ne vois pas comment l’ex-président Ali Bongo pourra tenir jusqu’à la fin de son septennat puisque toute la machine économique, la machine sociale est complètement grippée et souvent paralysée».

Mais au-delà de sa conviction dans le fait que «ce n’est pas Ali Bongo qui a gagné l’élection (présidentielle)» du 27 août 2016, dans son interview, Pierre Péan est revenu sur le premier jugement de son procès l’opposant à Maixent Accrombessi, l’ancien directeur de cabinet du président gabonais. Ce dernier ayant été débouté par le tribunal correctionnel de Paris, le 19 mai, le journaliste-écrivain a dédié sa «victoire» au peuple gabonais. «Ce qui vient d’arriver, c’est pour moi le procès le plus important. (…) Parce que ça dépasse le fait que ce soit une attaque faite par Maixent Accrombessi. Quand j’ai écrit mon livre, j’aurais pu dire le système de l’ancien président Ali Bongo dont le moteur et dont le sang était Accrombessi. Les pages que je consacre, je les consacre au système Bongo, et donc ça dépasse de très loin la personne d’Accrombessi, d’autant plus qu’il n’est plus au Gabon», a-t-il précisé.

Dans les semaines et mois qui viennent, Pierre Péan sera de nouveau confronté à la justice pour son livre Nouvelles affaires africaines-Mensonges et pillages au Gabon (Edition Fayard). D’autres procès sont entente, notamment sur la stérilité présumée de Patience Dabany.