L’Organisation nationale des employés du pétrole entend déposer bientôt un préavis de grève pour dénoncer le parti pris supposé du gouvernement et décrier le traitement des salariés de Maurel & Prom.

L’Onep menace de fermer à nouveau les vannes. © static.lexpress.fr

 

Plus d’une semaine après la grève à Maurel & Prom, l’Onep a annoncé, dimanche 5 mars, le dépôt d’un préavis de «grève générale» dans les prochains jours. Le but de cette initiative qui, selon Lambert Mbolo Oye, le secrétaire national chargé des organes statutaires, devrait se faire avec «l’ensemble des syndicats du secteur pétrolier et activités connexes», est de dénoncer le parti pris supposé du gouvernement dans le bras-de-fer opposant la direction générale de Maurel & Prom et les salariés de cette entreprise pétrolière. A l’Onep, beaucoup pensent que les autorités gabonaises sont victimes de «la manipulation» exercée par Christophe Blanc, le DG de l’entreprise. Sinon, comment comprendre l’envoi systématique des forces de l’ordre sur les sites de Maurel & Prom à chaque fois qu’une grève y est déclenchée ?

Et si l’organisation syndicale a dit refuser de croire que la grève initiée par les salariés de Maurel & Prom, le 22 février, était «illégale» ainsi que l’a jugé le tribunal de première instance de Port-Gentil, le 25 février, elle n’entend pas arrêter de porter les revendications des salariés de cette entreprises. Des revendications contenues dans le cahier des charges transmis, le 15 février, à la direction générale, mais dont la prise en compte tarde toujours à se faire.

Parmi les revendications des salariés de Maurel & Prom : le licenciement du personnel étranger non en règle avec le Code du travail gabonais, le maintien à leur poste des salariés gabonais «victimes de pressions, d’intimidations et d’affectation disciplinaire pour avoir participé à la grève de l’Onep en octobre 2016», le paiement d’«une indemnité de bonne séparation» aux employés, après le rachat de la compagnie par le groupe indonésien Pertamina. La grève générale qui pourrait découler de ce probable nouveau préavis sert également à faire pression, aussi bien sur la direction générale de Maurel & Prom que sur le gouvernement, alors que le pays sort à peine d’une courte pénurie de carburants.