Le groupe pétro-gazier chinois propriétaire d’Addax Petroleum songerait à quitter le Gabon et le Nigéria pour ne concentrer exclusivement ses activités africaines qu’au Cameroun, où sa santé financière est meilleure et sa réputation encore intacte.

Le siège social d’Addax Petroleum à Libreville. © Gabonreview

 

Addax Petroleum au Gabon, c’est bientôt fini. Son propriétaire Sinopec envisagerait de vendre ses actifs onshore et offshore, de même que ceux du Nigéria, selon l’AFP. Le groupe pétro-gazier chinois aurait déjà «embauché» BNP Paribas, pour l’aider à mener à bien les futures transactions dans les deux pays, croit savoir le site Businesslive.co.za. Ce media rappelle que la recherche, ces 8 dernières années, d’actifs à l’étranger par de grands groupes pétroliers chinois «avait pour but de gonfler leurs réserves d’énergie et de répondre à la demande future de la Chine». Seulement, depuis plus de trois ans, la crise de l’industrie pétrolière mondiale aidant, leurs ambitions ont fortement été revues à la baisse et leurs espoirs douchés par un prix du baril qui stagne à environ 27 dollars depuis 2014.

Face à la crise, Sinopec ne souhaiterait plus garder en Afrique que ses actifs au Cameroun. D’autant plus que ces derniers mois, des tensions sont nées au Nigéria, où des installations d’Addax Petroleum ont été endommagées par des manifestants. Dans ce même pays, des responsables de la société, Yi Zhang (le directeur exécutif) et Guus Klusener (le directeur juridique), ont récemment été accusés d’entretenir des liaisons douteuses avec les autorités.

Les deux cadres ont été «soupçonnés d’avoir participé à des paiements d’un montant de plusieurs dizaines de millions de dollars en faveur de tiers au Nigeria. La justice soupçonne que ces versements, qui pourraient ensuite avoir servi comme pots-de-vin destinés à des officiels nigérians, se soient déroulés dans le cadre d’un différend fiscal qui opposait Addax aux autorités du Nigeria», avait précisé, en mars 2017, le journal suisse La Tribune de Genève. La solution de Sinopec pour «rompre les liens» serait donc de quitter ce pays.

Au Gabon, la situation de la filiale de Sinopec n’est pas plus reluisante. En plus de la crise actuelle, les rapports entre l’Etat gabonais et Addax Petroleum ont fréquemment été secoués par diverses affaires (non-paiement de la TV, faux comptage des barils). A chaque fois, l’opérateur chinois avait été contraint de sortir son chéquier, à l’exemple des 400 millions de dollars (environ 200 milliards de francs CFA) versés au pays pour récupérer le gisement d’Obangue, réquisitionné en 2013.

Les actifs à vendre au Gabon concerneraient une combinaison de zones de licence onshore (Dinonga, Irondou et Koula / Damier) et offshore (Etam), avec six champs productifs au total.