Secouée depuis des mois par la crise de l’industrie pétrolière, la société détenue par le géant chinois Sinopec a décidé, lundi 7 août, de fermer son bureau de Genève (Suisse). Au Gabon, où un plan de licenciement avait déjà été lancé, on s’inquiète d’une éventuelle fermeture de la filiale.

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Addax Petroleum va-t-il fermer sa filiale du Gabon ? S’il y a quelques temps encore la question ne se posait pas au regard de la bonne santé des affaires de l’opérateur pétrolier, aujourd’hui sa situation inquiète. Et pas qu’un peu. Aux dernières nouvelles, il envisage de réduire considérablement ses charges. Crise de l’industrie pétrolière mondiale oblige, les premières victimes devraient bientôt compter parmi les salariés de Genève en Suisse.

Selon le site du quotidien La tribune de Genève, lundi 8 août, la direction générale d’Addax a convoqué l’ensemble de ses salariés. L’objet de cette réunion aurait été l’annonce de la fermeture du bureau de Genève. L’explication donnée par le président de Sinopec, le géant pétrolier chinois et propriétaire, est limpide : la rationalisation de ses processus opérationnels, notamment par la suppression de certains doublons, rapporte le média genevois. «D’ici à la fin de l’année, le bureau genevois d’Addax Petroleum sera ainsi intégré au siège de Sinopec à Pékin», précise le communiqué du groupe, qui ajoute que les locaux d’Addax Petroleum basés à Aberdeen (Grande-Bretagne) et Houston (Etats-Unis) seront aussi fermés. Dès lors, on est en droit de s’inquiéter pour les filiales africaines, notamment celle du Gabon.

Au Gabon, en effet, peu s’en cachent. La situation d’Addax est loin d’être reluisante depuis plusieurs mois. Si le pays est présenté comme le deuxième pilier de la société après le Nigéria, il ne reste pas moins que des licenciements ont déjà été dénombrés. Certaines ont d’ailleurs donné lieu à des batailles juridiques. De plus, c’est connu, les rapports entre l’Etat gabonais et Addax ont fréquemment été secoués par des affaires diverses. Et à chaque fois, l’opérateur chinois a été contraint de sortir son chéquier, à l’exemple des 400 millions de dollars (environ 200 milliards de francs CFA) versés au Gabon pour récupérer le gisement d’Obangue, réquisitionné en 2013. Mais la société ne s’est pas pour autant bien portée. En 2015, une sombre histoire liée au non-paiement de la TV d’Addax par son partenaire gabonais Eagle, avait, semble-t-il, été étouffée à coups de milliards de francs CFA. On passe les grèves initiées par les agents du Gabon qui, elles aussi, n’ont pas manqué de fragiliser le groupe.

Alors que sa filiale nigériane, son premier pilier en termes de production pétrolière (90 000 barils par jour), connaît aussi des difficultés, récemment, Addax a dû se résoudre à signer un chèque de 31 millions de francs suisses. Motif : le classement par la justice de l’affaire liée aux soupçons de corruption dont ont fait l’objet des responsables de la société en Suisse. Il a fallu payer les réparations à l’Etat suisse.