Si le Gabon tente de développer son agriculture depuis quelques années, le pays ne s’est toutefois pas encore doté d’une réglementation nationale visant un meilleur usage des produits phytosanitaires. Ce qui peut poser un problème de santé pour les consommateurs.

Lucie Milebou-Mboussou, le 6 décembre 2017 à l’Assemblée nationale. © D.R.

 

A travers le projet Graine, le Gabon entend développer le secteur agricole national, qui devrait lui permettre de rendre effective la diversification de son économie. Seulement, en plus du marché qui reste à définir, ce projet, un des principaux du premier mandat d’Ali Bongo, est confronté à la question de la santé des consommateurs. D’autant que l’utilisation des pesticides dans l’agriculture, sur le plan national, n’est soumise à aucune législation jusque-là. Et au Sénat, certains se disent préoccupés. C’est notamment le cas du président de cette institution parlementaire qui, il y a quelques mois, a décidé de se saisir de la question et de travailler sur la proposition d’une loi fixant le cadre juridique pour une gestion rationnelle des produits phytosanitaires en République gabonaise.

Lucie Milebou-Mboussou, auditionnée par les députés, le 6 décembre 2017 à l’Assemblée nationale. © D.R.

Face aux députés, mercredi 6 décembre, Lucie Milebou-Mboussou a présenté les conclusions de ses travaux. Sa proposition de loi, a-t-elle défendu, entre dans le cadre de la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD), précisément ceux consacrés, entre autres, à la sécurité alimentaire, la bonne nutrition, l’agriculture durable, la promotion de la santé, les modes de production durable et la dégradation des terres. «Il en va de notre santé», a prévenu le président du Sénat. Sa proposition de loi, affirme-t-elle, permettra de doter le Gabon d’un cadre juridique réglementant le secteur agricole et particulièrement l’utilisation des pesticides.

«Le recours aux produits phytosanitaires mérite une extrême attention, même s’il n’y a pas encore d’alerte par les autorités de santé publique», a indiqué Lucie Milebou-Mboussou, qui a toutefois estimé qu’il est nécessaire d’avoir «une précaution de base, pour produire mieux et manger bien». L’objectif visé par la sénatrice de Fougamou est d’«instituer des pratiques loyales et licites dans la gestion et l’utilisation des produits phytosanitaires au Gabon».

Aux députés de la commission des Affaires sociales, culturelles et de la communication, le président du Sénat a également proposé la création d’un laboratoire d’analyses moderne, permettant de contrôler la qualité des denrées alimentaires voire de réprimer les infractions relevant de la législation phytosanitaire. «La nouvelle loi ne sera pas uniquement un instrument de répression, elle prévoit également des mesures incitatives en faveur de l’agriculture biologique, de la recherche agricole et de la promotion d’une agriculture saine», a précisé l’auteure de la proposition de loi.