Publié le 22 mai dernier, le 16e rapport annuel «Perspectives économiques en Afrique 2017» met en lumière les difficultés qui  paralysent le développement de l’entrepreneuriat au Gabon, en particulier chez les jeunes et les femmes.

L’entrepreneuriat et la création de plus forte valeur ajoutée dans l’économie, est lente à se mettre en place au Gabon. © Wathi

 

Couverture du 16ème rapport annuel «Perspectives économiques en Afrique 2017. © Gabonreview (capture d’écran)

Élaboré par la Banque africaine de développement (Bad), le Centre de développement de l’OCDE et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le 16e rapport annuel «Perspectives économiques en Afrique 2017» a été publié le 22 mai dernier.

Selon le document publié en marge des travaux des 52e assemblées annuelles de l’institution financière africaine, la dynamique de création et de destruction d’emplois, favorable à l’entrepreneuriat et à la création de plus forte valeur ajoutée dans l’économie, est lente à se mettre en place au Gabon.

«Cette stimulation économique est également freinée par le fort lien entre le prix du pétrole et la croissance générale de l’économie, dans un contexte de faiblesse des cours mondiaux depuis 2014», souligne le rapport. Plusieurs facteurs permettent d’expliquer cette lenteur.

Le rapport met ainsi en avant la faible culture entrepreneuriale (les jeunes porteurs des projets étant confrontés à un environnement socio-économique qui ne favorise pas l’esprit d’entrepreneuriat) ; la difficulté d’accéder aux services financiers adéquats et à long terme ; l’inadéquation de la formation avec les besoins en main-d’œuvre du secteur productif et la faible qualification des sortants du système.

Ceci se traduit par un fort chômage qui affecte les plus jeunes actifs : 35.7 % des actifs de 15 à 24 ans et 25.9 % des actifs de 25 à 34 ans. Par ailleurs, les actifs de niveau secondaire, notamment ceux issus du 1er cycle général et technique, sont les plus touchés avec des taux de chômage respectifs de 24 % et 27 %.

«Une plus forte culture d’entrepreneuriat au Gabon permettrait un développement économique plus en lien avec les besoins des consommateurs gabonais. On comprend ainsi le potentiel immense en termes d’emplois de certains secteurs, pour lesquels des créateurs d’entreprises auraient toute latitude. Ainsi, l’agriculture emploie actuellement environ 40 % de la population rurale gabonaise bien qu’elle ne contribue qu’à 5 % du PIB. De même, le secteur forêt-bois contribuerait à hauteur de 3.5 % du PIB et générerait seulement 13 000 emplois malgré les potentialités du pays», note ce rapport qui dresse par ailleurs l’état actuel des pays du continent et livre des prévisions économiques sur deux ans.

Le secteur privé gabonais est constitué de plusieurs catégories différentes. D’une part, des grandes entreprises exploitant les matières premières (notamment le pétrole, le gaz, le manganèse et le bois) et presque exclusivement étrangères, bien qu’elles aient des capitaux gabonais. D’autre part, les petites entreprises locales, désavantagées par la faiblesse du climat des affaires.