Face à l’intensification de la pêche illégale, le Gabon, premier pool d’approvisionnement de l’UE, veut mieux protéger sa population de thon conformément à la déclaration « Traçabilité Thon 2020 ». Un nouvel accord est envisagé à cet effet.

Une meilleure gestion des stocks de Thon, par la traçabilité. © D.R.

 

Profitant de la tenue du Forum économique mondial, qui a abouti à un engagement dénommé «Traçabilité Thon 2020», ouvert en prélude à la première Conférence sur les Océans le 5 juin 2017, le Gabon envisage de réexaminer son dispositif.

En effet, le Conseil national de la mer, à travers le président du Comité technique, a évoqué la nécessite d’un nouvel accord avec l’Union européenne, principal exploitant de la pêche du thon au Gabon.

Pour Guy Rossatanga Rignault, la création par le Gabon de neuf aires marines doit constituer un nouveau départ devant rationnaliser l’exploitation de l’espèce. Prévenir la surpêche du thon, dont les stocks sont menacés, commande une approche formalisée pour établir un suivi, non seulement sur la quantité exploitée, mais également sur la traçabilité de la pêche, jusqu’au consommateur final. L’écosystème marin du pays, qui constitue un potentiel non marginal, notamment en ce qui concerne le thon, avec un taux de production atlantique de 15%, vaut au Gabon le statut de premier pool d’approvisionnement de l’Union européenne.

La création de ces réserves marines reste par ailleurs une démarche conforme aux engagements pris par les 48 grandes entreprises de pêche, détaillants et entreprises associées, lors de ce forum économique mondial. Celles-ci se sont liguées pour empêcher la mise sur le marché du thon illégalement pêché. L’état des stocks de thon, situé au sommet de la chaîne alimentaire, a un impact considérable sur la santé des océans, d’où cette convergence d’intérêt avec l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). L’organisation onusienne estime que le tiers mondial de poisson, toutes espèces confondues, est victime de la surpêche. En général illégale, celle-ci représente chaque année pour les pêcheurs un manque à gagner d’environ 24 milliards de dollars, ou 26 millions de tonnes de poissons.

Cet engagement dans la gestion des stocks de thon est soutenu par l’Ocean data alliance, un rassemblement d’entreprises leaders dans diverses technologies (informatique, satellites, entre autres), dont le but est de créer des solutions en accès libre, pour mettre à la disposition des signataires les données permettant de gérer les ressources des océans.

Auteur : Alain Mouanda