Dans les coulisses des préparatifs du 11e congrès national du Parti démocratique gabonais (PDG), la guerre des clans serait déjà déclarée. L’apparition de l’Action et perspectives pour le président de la République (APR) présage un véritable affrontement avec le Mouvement gabonais pour Ali Bongo Ondimba (Mogabo), pour le contrôle des instances du parti au pouvoir.

Quelques membres du Mogabo face à la presse, le 3 août 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

Fragilisé par des querelles intestines et guerres d’égo, le Parti démocratique gabonais (PDG) tiendra son 11è congrès au mois de novembre. Une initiative hâtée par de nombreuses démissions au sein du parti et le vent de démobilisation qui souffle sur le parti, depuis la crise postélectorale.

Ce vent de la fronde est propulsé par la guerre que se livrent les «Conservateurs» et le Mogabo. Depuis la présidentielle d’aout 2016, cette épreuve de force a tourné nettement à l’avantage du Mogabo qui a réussi à avoir la haute main sur l’appareil du parti et sur l’appareil de l’Etat. Contre l’hégémonie de cette aile qui, selon ses détracteurs, a taillé une belle pièce d’œillères à Ali Bongo, on annonce l’arrivée d’une nouvelle aile, foncièrement enracinée dans les valeurs du PDG originel.

Selon un article de l’hebdomadaire Echos du Nord, du lundi 9 octobre 2017, la création de ce nouveau courant est imminente. Selon la même source, ses membres se sont donnés pour mission de «mettre fin à l’hégémonie de ce groupe de profito-situationnistes (Mogabo, Ndlr) qui, selon eux, ne servent pas les intérêts d’Ali Bongo et du Gabon».

L’APR « regroupe de vieux compagnons et défenseurs du régime. On y retrouve toutes les générations du PDG, les aînés, les jeunes, les femmes et de vieux PDGistes lassés de voir les vampires qui tournent autour du président saboter ses actions», explique une source du PDG citée par Echos du Nord. Il s’agit donc de faire front au Mogabo, accusé d’être à l’origine des divisions et de la plupart des maux dont souffrirait le parti au pouvoir. Raison pour laquelle, les autres cadres auraient décidé de passer à la vitesse grand V et de «prendre leurs responsabilités».

Selon l’APR, les membres du Mogabo «veulent précipiter la chute d’Ali Bongo et de s’emparer du pouvoir». Ils tenteraient par ailleurs de retarder, le plus longtemps possible, la tenue du congrès dont la préparation serait assurée par des conservateurs. «Le Mogabo a trop fait. Ça suffit comme ça !», a lâché un cadre du PDG se réclamant de l’APR.

En s’engageant à affronter le très influent Mogabo, l’APR aspire à reconquérir l’espace électoral, «re-fédérer les troupes, remotiver les militants, demeurer l’épine dorsale du pouvoir», afin de préparer minutieusement les prochains scrutins, pour espérer éviter de nouvelles débâcles comme celle de la présidentielle 2016.

Le noyau dur de l’APR, selon Echos su Nord, regrouperait des membres du gouvernement originaires de la Ngounié, de l’Ogooué-Ivindo, de la Nyanga, du Haut-Ogooué et du Moyen-Ogooué. Ils se donnent pour mission de dépasser l’égocentrisme du Mogabo et «dynamiser davantage l’action d’Ali Bongo en faveur d’un meilleur développement économique, social et culturel». Au regard de ce qui précède, le PDG entre dans un couloir d’incertitudes.