D’«extraordinaire», le congrès du Parti démocratique gabonais (PDG) sera finalement un «congrès ordinaire», et sa date a été avancée par le secrétariat exécutif.

Le SG du PDG Eric Dodo Bounguendza (à droite) en compagnie du chef de cabinet du distingué camarade Ali Bongo. © D.R.

 

Le prochain congrès national du PDG aura bel et bien lieu à Libreville en décembre prochain. Seulement, ce rendez-vous dont les préparatifs ont été lancés il y a plusieurs semaines avec l’organisation de douloureux conseils provinciaux à travers le pays, a été avancé de quelques jours. Il se tiendra désormais les 9 et 10 décembre 2017, au lieu des 16 et 17 décembre comme annoncé il y a plus d’un mois.

Le secrétariat exécutif du parti n’a pas officiellement donné les raisons du choix de ces nouvelles dates, alors que certains pressentaient au contraire que les dates initiales seraient repoussées en raison de nombreuses irrégularités observées et décriées par les principaux responsables du PDG au moment des élections internes dans la plupart des provinces. L’on avait cru que le parti ferait le point des conseils provinciaux. Ce point, le secrétariat exécutif semble déjà l’avoir fait, au point d’avoir changé le qualificatif du prochain congrès.

D’«extraordinaire» comme initialement annoncé, le congrès du PDG sera finalement un congrès «ordinaire». Pourquoi ce changement ? Le parti d’Ali Bongo aurait-il changé ses statuts entre temps ? Ou est-ce une façon de prendre de l’avance pour mieux préparer les législatives annoncées pour avril 2018 ? De ce que l’on sait, conformément à l’article 70 des statuts du PDG, «le congrès se tient tous les 5 ans». Or, le prochain congrès ordinaire du parti, après celui du 2013, aurait dû se tenir l’année prochaine. Officiellement, le secrétariat exécutif n’a pas donné d’explication sur le changement du qualificatif de ses prochaines assises. Par ailleurs, tenir le congrès sans vider les contentieux relatifs aux nombreux recours introduits auprès du secrétariat général du parti, à l’issue des élections internes signifie-t-il que ces élections sont « derrière-nous » ? Si le secrétariat général ignore ces recours, cela suggère que le parti entérine le fait accompli et légalise le triomphe de l’arbitraire.