Le week-end dernier, lors de son adresse aux militants de l’Ogooué-Ivindo, le secrétaire général du Parti démocratique gabonais (PDG) a mis en garde les «camarades» qui s’accrochent à des postes au sein du parti, au point d’en faire des «titres fonciers».

Eric Dodo Bouguendza sonne, le 4 novembre à Makokou, la fin des «titres fonciers» au PDG. © Com-PDG

 

Fini les vieilles habitudes qui veulent qu’un cadre conserve, parfois jusqu’à son décès, son poste au sein du parti, souvent en dépit des piètres résultats fournis par ce dernier sur le terrain. A la faveur de l’ouverture du conseil provincial du PDG à Makokou, les 4 et 5 novembre, Eric Dodo Bounguendza a mis en garde les «camarades» qui s’accrochent à leurs postes. «Tout le monde a le droit de se construire un avenir politique au sein du PDG. Fini les titres fonciers de fonction au sein du PDG», a déclaré le secrétaire général du parti d’Ali Bongo.

«Ces soi-disant titres fonciers n’ont fait que ternir l’image du PDG, en éloignant des compatriotes qui ne croyaient plus en l’espoir au sein de notre parti», a regretté le numéro 2 du PDG, qui a aussitôt clamé «fini les magouilles» devant une foule qui, à en juger par les cris et les applaudissements, semblait convenir avec lui. Il faut dire que ces derniers mois, y compris dans l’Ogooué-Ivindo, plusieurs militants étouffaient de ne pouvoir exprimer le fond de leur pensée aux responsables du parti, notamment sur la question des postes occupés par certains depuis des années, qui ne reflétaient pas forcément leur travail sur le terrain. Selon des indiscrétions, certains prévoient déjà de quitter le parti si les mêmes travers persistent, quand d’autres envisagent de «pourrir le parti de l’intérieur» en signe de protestation. Ils ne comprennent pas que certains soient présents sur le terrain, souvent sans le sou, alors que d’autres bénéficient de postes juteux au sein du parti ou dans l’administration publique.

Avec le nouveau SG, le PDG, dit-on, a véritablement amorcé sa marche vers la «régénération» et la «revitalisation». Avant la tenue du 11e congrès extraordinaire de décembre à Libreville, Eric Dodo Bounguendza dit avoir dans sa ligne de mire le retour à une véritable démocratie au sein du parti. Une démocratie qui, a-t-il soutenu ces derniers jours au gré des cérémonies d’ouverture des conseils provinciaux, passe nécessairement par la considération des choix de la base. «Pourquoi certains responsables refusent-ils aujourd’hui de se soumettre aux choix de la base dans un parti démocratique ?» s’est-il interrogé, affirmant que le «distingué camarade», lui, n’a jamais rechigné à se soumettre au choix de ses compatriotes, notamment pour les élections présidentielles. «Tout le monde doit se soumettre au choix de la base, sinon ça n’a aucun sens», a-t-il ordonné, faisant allusion aux élections des membres du bureau politique et ceux du conseil national.

Pour n’avoir pas respecté les indications du secrétariat exécutif du parti, les secrétaires des provinces de la Ngounié et de la Nyanga ont récemment été suspendus. Le siège de Louis à Libreville a pointé des «irrégularités» et «la non prise en compte des choix de la base» lors des élections organisées à la faveur de leur conseil provincial.