Trois ans après la livraison des conclusions de l’étude sur la pauvreté au Gabon, réalisée par le cabinet McKinsey & Company, indiquant un besoin annuel de 110 milliards francs CFA pour éradiquer la pauvreté, les autorités s’apprêtent à initier une nouvelle évaluation de ce phénomène. Certainement pour mieux le combattre.

Les directeurs adjoints de la statistique et le gouverneur de la province de l’Estuaire Léonard Diderot Moutsinga Kebila, présentant l’EGEP II, le 10 février 2016. © Gabonreview

 

La direction générale de la statistique lancera du 15 février au 1er mars prochain, la phase pilote de l’enquête d’évaluation de la pauvreté II (EGEP), auprès des ménages de la province de l’Estuaire. Il s’agit d’une étude dite «QUIBB» (questionnaire des indicateurs de base du bien-être), associée à des enquêtes sur la perception de la pauvreté, le secteur informel et agricole.

Les responsables des collectivités locales de la province de l’Estuaire. © Gabonreview

«L’enquête QUIBB a pour but de collecter des informations aussi diverses que possibles. Ces informations sont utiles, non seulement au gouvernement, mais aussi aux partenaires au développement, aux ONG, aux chercheurs…», a indiqué le directeur général adjoint 1 de la statistique, Jean Nestor Nguema.

Pour la direction générale de la statistique, cette opération qui livrera ses premiers résultats quatre mois après le démarrage de la collecte des données et qui devra s’étendre sur le territoire national, a pour objectif principal d’apprécier les progrès accomplis entre 2005 et maintenant ; en termes d’éradication de la pauvreté.

Une opportunité sans doute pour les autorités politiques, les acteurs de la sphère socio-économique et les experts nationaux de renseigner sur l’application et l’efficacité des prescriptions du cabinet McKinsey & Company. Celles-ci reposent sur une politique intégrée autour de 4 volets complémentaires : des «filets sociaux», des activités génératrices de revenus (AGR), le développement de l’accès aux services de base, et le déploiement d’infrastructures d’intégration économique et sociale (en urbain et en rural), issue de la Stratégie d’investissement humain du Gabon.

Selon le rapport du cabinet McKinsey & Company, le Gabon compte une importante proportion de Foyers économiquement faibles(FEF) percevant moins de 80 000 FCFA par mois. Ces Gabonais sont aujourd’hui environ 95 000, soit 30% de la population gabonaise qui perçoit des revenus sept fois inférieurs à la moyenne nationale.